En tête-à-tête avec...
Árni Þórarinsson


Interview du 23 novembre 2008
Propos recueillis par Claudine Despax et Aurore Guilhamet

Árni Þórarinsson vit en France dans l’ombre d'Arnaldur Indriðason. Les deux plus grands auteurs de polars à l’Islandaise, ont pourtant le même parcours. La même envie, au même moment : faire vivre des enquêtes dans un pays sans crimes, mais loin d’être sans défauts.

Sous la plume d'Árni Þórarinsson, un journaliste se charge de mettre à jour ces dérives de la société islandaise.



Vous n’hésitez pas à dénoncer dans vos livres ce qui ne vous plaît pas dans l’Islande d’aujourd’hui…

Árni Þórarinsson : J’essaye de montrer la société sans maquillage. Comme je la vois, comme je la ressens. Je ne la vois pas forcément comme tout le monde, car je ne suis pas tout le monde. Mais j’écris ce que je vois, les bonnes et les mauvaises choses.

Je suis intéressé par les changements que je vois en Islande, et également la substance d’être Islandais : notre histoire, notre passé, notre héritage.

Au vu contexte actuel, vos craintes étaient-elles justifiées ?

Árni Þórarinsson : La situation économique a changé. Nous étions bas, nous sommes montés, et nous sommes redescendus très vite. Le style de vie des gens, le langage, a changé très vite. Malheureusement, parfois, il semble que nous ayons perdu notre esprit. Nous avons embrassé le matérialisme, la société de consommation, les questions d’ego.

Ce qui se passe en ce moment, j’espère, nous permettra de nous retrouver en tant qu’Islandais.

Pourquoi vous exprimer via un journaliste et non un policier ?

Árni Þórarinsson : Einar représente mes vues, et à un plus large degré, celles de la société. Il est la voix de l’histoire. Il la raconte à la 1ère personne. Il est solitaire et en même temps a besoin de contact avec les gens. Mais il n’est pas très bon, il a un pont dans son travail comme journaliste.

Il a les mêmes possibilités qu’un policier d’entrer dans la vie des gens, poser des questions et découvrir des informations. Les bonnes choses d’avoir un journaliste plutôt qu’un policier, ou autre, est qu’il n’a pas besoin de s’impliquer dans le côté technique.

De plus, j’ai été journaliste, j’ai commencé à 20 ans et je n’ai arrêté qu’il y a deux ans seulement. Je connais bien ce métier.

Quel est le sujet de votre prochain roman, "le 7ème fils" ?

Árni Þórarinsson : Mon prochain livre : Einar est envoyé à l’ouest de l’Islande dans un petit village, près d’Isafjorður. Cette région a eu pendant des années une économie sur le déclin alors que le reste du pays prospérait. L’économie de l’ouest du pays était très mauvaise. Einar est envoyé là-bas pour parler de cette situation avec des gens qui essayent de la changer et de faire de l’Isafjorður un meilleur endroit.

Mais une vieille maison au centre du village brûle la nuit avant que Einar arrive, un incendie criminel. Le début d’une série de faits étranges.

La crise économique va-t-elle être au centre d’un de vos prochains romans ?

Árni Þórarinsson : Je ne pouvais pas écrire ces derniers temps. Je vais devoir attendre. J’ai beaucoup d’idées, mais les temps sont trop incertains. Mais "le 7ème fils" compte vraiment l’histoire de ce qui se passe maintenant, même si j’ai fini de l’écrire en avril 2008. Vous parlez à Nostradamus !


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