Les Islandais sont fiers de leur exception culturelle. Et il y a de quoi. Si la littérature islandaise est hors catégorie, le cinéma islandais bien que peu diffusé à l’étranger, est en pleine expansion.
Les islandais, majoritairement citadins, se rendent eux en masse dans les salles : 5,5 entrées par habitants et par an.
Concrètement, un film sur trois attire un tiers de la population dans les salles.
Le film en Islande
L’Islande, il ne faut pas l’oublier, est un petit pays par sa population (environ 300.000 habitants). Sa production cinématographique ne peut donc pas concurrencer Hollywood, Bollywood ou certains grands pays européens comme la France ou la Grande Bretagne.
Environ 10 films par an sont produits en Islande. Au box office, ils représentent environ 5% du marché.
La création en 1979 du Icelandic Film Fund donna un élan au cinéma national jusqu’alors très limité. Aujourd’hui, avec 100 millions de couronnes (12 millions d’euros) de budget, l’Icelandic Film Fund donne un sérieux coup de pouce aux productions islandaises. Il finance en partie un film sur deux.
L’Islande s’est en fait surtout fait une réputation non pour la production mais pour l'accueil de tournages de longs-métrages.
L’État islandais a mis en place des mesures pour donner des aides financières aux réalisateurs venant tourner dans le pays. Les paysages atypiques et exceptionnels ont fait le reste : si le plus célèbre film reste le James Bond Meurs un autre jour, tourné en partie à Jökulsárlón, d’autres grandes productions ont fait le déplacement : Batman Begins, Le 5ème élément, Hostel 2, ou La ligue des gentlemen extraordinaires.
Les grands réalisateurs islandais
L’Islande a eu du mal à se trouver un réalisateur dominant, qui puisse se démarquer, notamment à l’étranger.
Aujourd’hui cependant, quelques noms se détachent.
Baltasar Kormákur est le réalisateur du film islandais le plus connu dans le monde : 101 Reykjavík.
Inspiré du livre homonyme de Hallgrímur Helgason, le film doit sa force médiatique à la présence dans le cast de l’espagnole Victoria Abril.
101 Reykjavík montre le quotidien d’un jeune chômeur à Reykjavík, plus préoccupé par l’alcool, les filles, et le sexe que par le travail. Hlynur, c’est son nom, voit sa vie chamboulée lorsque la petite amie de sa mère, Lolla, incarnée par Victoria Abril, vient s’installer chez eux.
Baltasar Kormákur vient de sortir un nouveau film, Mýrin (La cité des Jarres), la fidèle adaptation du roman à succès de Arnaldur Indriðason. Ce film est devenu l'un des plus grands succès islandais de tous les temps, avec plus de 100.000 entrées. Un habitant sur trois a vu "Jar City". "Cela en dit plus long sur les islandais que sur le film" a commenté le réalisateur. Jar City est sorti en France en aout 2008.
Ágúst Guðmundsson a, lui, connu un certain succès avec son film The Seagull’s Laughter.
L’histoire d’une jeune islandaise mystérieuse partie s’exiler aux USA qui revient dans sa terre natale, un petit village de pêcheurs près de Reykjavík.
Avec 8 films à son actif, le dernier en 2004, Guðmunsson est l’un des plus prolifiques réalisateurs islandais.
Solveig Anspach est islando-franco-américaine : enfant des îles Vestmann, mais étudiante de la FEMIS à Paris. Réalisatrice de documentaires au début de sa carrière, Solveig Anspach s'est essayé à plusieurs reprises au long métrage de fiction. Avec réussite. Hauts les cœurs !, avec Karen Viard, est sélectionné pour le festival de Cannes, dans la quinzaine des réalisateurs. Karen Viard obtient, elle, le césar de la meilleure actrice. En 2003, Solveig dirige Elodie Bouchez dans Stormy Weather.
Son dernier film est une pure comédie totalement déjantée. L'histoire d'une poétesse de Reykjavík, dealeuse d'herbe à ses heures, perdue dans sa vie au milieu de ses clients, de ses enfants, d'un admirateur français, et d'une basse-cour peu coopérative.
Dagur Kari est un réalisateur danois, d’origine islandaise. En 2003, il réalise Nói l’albinos.
Le jeune Nói vit dans un fjord reculé, coupé du monde, cerné par les montagnes. Il rêve de s’en échapper avec une fille du village.
La nature est la véritable héroïne du long métrage. Une nature sauvage et imprévisible. Islandaise en quelque sorte.

Le film Strákarnir okkar (Esprit d’équipe), de Róbert I. Douglas aborde, lui, le thème de l’homosexualité dans le sport.
Un joueur de football professionnel se retrouve confronté à l’incompréhension de ses coéquipiers et de sa famille après son coming out. Il intègre alors une équipe 100% gay.
Róbert I. Douglas est bien islandais, malgré son nom. Sa mère est islandaise, son père irlandais, et s’il a passé la majeure partie de sa vie en Irlande, la majorité de ses films est tournée en Islande.
Dancer in the Dark
La prestation de Björk dans le film de Lars Von Trier Dancer in the Dark a soulevé un autre pan du cinéma islandais.
Le film, très dérangeant, a obtenu de très nombreuses récompenses. Björk elle-même a reçu le prix d’interprétation féminine à Cannes. À ce jour, la plus grande récompense obtenue par une actrice islandaise, ou par le cinéma islandais.