Le sport



L'Islande ne brille pas par ses résultats sportifs. La petite nation n'a pas une culture du sport aussi ancrée que celle de la littérature. Pour autant, certains sportifs tirent leur épingle du jeu et sont mondialement reconnus.

En foot, en basket, mais surtout en Handball. Dommage pour eux qu'il n'y ait pas de compétition de grimla, les Islandais seraient champion à coup sûr.

Rares sont les sports où l'Islande peut être mise en valeur. Petit pays, autant par sa population que sa superficie, l'Islande a, il est vrai, du mal à faire sa place dans le concert des grandes nations du sport européen. Que pèse un club de foot islandais face à Manchester United ou le Milan AC ?

Et pourtant, le sport islandais existe. Tout comme les grands sportifs islandais. Certains remportent même les plus grands trophées : l'équipe d'Islande de handball a remporté la médaille d'argent aux jeux de Pékin, Olafur Stefánson la ligue des champions de hand avec Ciudad Real, Guðjohnsen a remporté trois titres de champion d'Angleterre avec Chelsea. Un joueur islandais de basket a même joué les playoffs en NBA, côtoyant les plus grands.

Sans oublier les sports traditionnels, ceux que l'on ne voit qu'en Islande. Et que seuls des islandais peuvent apprécier à leur juste valeur.



Glíma



La lutte est le plus ancien sport pratiqué en Islande. Les premiers colons déjà, mesuraient leur force en luttant les uns les autres. Cette forme de lutte est connue comme la lutte "glíma", normande. Aujourd'hui, elle ne se pratique qu'en Islande.

Elle est extrêmement codifiée. Tout commence par un cérémonial : les deux combattants se serrent la main, puis utilisent les 7 prises de la glíma avant de se saluer.

Pour le combat en lui-même, les deux lutteurs, toujours debout, portent des courroies autour de la taille, des cuisses et des bras. Les lutteurs se tiennent aux courroies de l'adversaire, réalisent quelques petits pas (comme s'ils dansaient la valse) et au coup de sifflet de l'arbitre doivent par la force, faire tomber l'adversaire.

Si au temps des vikings ce combat pouvait avoir une valeur juridico-religieuse (ordalie), il n'est aujourd'hui qu'un loisir pratiqué par de nombreux islandais, notamment à l'école.

Pour mieux comprendre, rien ne vaut l'image.

La glíma en 1932

La glíma en 2007




Handball



Le handball est considéré comme le sport national en Islande. L'Equipe nationale masculine est d'ailleurs le meilleur exemple de réussite pour le sport islandais.

Souvent placée, l'escouade islandaise a réussi l'exploit en se qualifiant pour la finale olympique en 2008 à Pékin. Ólafur Stefánsson et consorts repartent de Chine avec l'argent, leur première médaille internationale.

Elle confirme un an et demi plus tard, en décrochant le bronze aux championnats d'Europe en Autriche en 2010. Les Islandais ne perdent alors qu'une seule rencontre du tournoi, en demi-finale face aux français.

Désormais, l'équipe Nationale Islandaise fait partie des toutes meilleures du monde. Une confirmation après plusieurs années de bons résultats au niveau international : 5ème des championnats du monde (1997), 4ème des championnats d'Europe (2002) et des Jeux Olympiques (1992). Le tout agrémenté de fréquents coups d'éclat.

Preuve, si besoin est, que l'Islande est une grande nation du handball : les championnats du monde organisés dans le pays en 1995. L'Islande, victorieuse de 3 de ses 5 matches en phase de poule, cède face aux redoutables Russes en huitième de finale, d'un score sans appel (25 à 12). Les locaux se classeront finalement 14ème sur 24. La compétition a été remportée par la France et les fameux "barjots".

En club, le handball islandais est moins en réussite notamment sur la scène européenne. En 2008-2009, le seul club engagé en ligue des champions, Hafnafjördur, n'a gagné que deux match sur 6. Mais les clubs islandais progressent d'année en année.

Ólafur Stefánsson, l'homme aux 1300 et quelques buts

Sans doute l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du handball islandais. À 36 ans, il a joué dans l'un des plus grands clubs européens, Ciudad Real, et a été élu 4 fois meilleur sportif islandais de l'année (2002, 2003, 2008 et 2009).

Gaucher, costaud (1m97), réputé pour son sang-froid et son leadership (il est le capitaine de L'équipe nationale), il est également passionné de philosophie.

Cet ailier droit, natif de Reykjavík, commence le hand dans son pays. Il joue pour le club de Valur. Après avoir décroché le titre national en 1995, il est sélectionné pour jouer en équipe d'Islande. Ses premières sélections, il les célèbre durant la coupe du monde 1995, chez lui.

Ólafur Stefánsson quitte le championnat islandais pour le championnat allemand, réputé être le meilleur d'Europe. Il signe d'abord pour le HC Wuppertal, puis pour Magdebourg. En 2001 et 2002, il est élu meilleur joueur du championnat. Il est alors considéré comme le meilleur joueur du monde.

En 2004, il rejoint l'Espagne, et Ciudad Real où il côtoie les plus grands, et notamment le français Didier Dinart. Il étoffe également son palmarès de nouveaux titres. Quatre championnats (2004, 2007, 2008, 2009), trois ligue des champions (2006, 2008, 2009, finaliste en 2005), trois Supercoupes d'Europe (2006, 2007 et 2008) et 5 coupes ASOBAL (2004 à 2008).

A la fin de la saison 2009, il décide de quitter Ciudad Real pour le club allemand de Rhein-Neckar Löwen. Il y a signé un contrat courant jusqu'en 2011.

Aujourd'hui, avec près de 300 sélections, il est le 5ème joueur le plus capé de l'histoire de l'Islande. Avec plus de 1300 buts, il est surtout le meilleur buteur de l'histoire de la sélection.

De ses frères et sœurs, tous sportifs, le plus connu est son jeune frère, basketteur de son état. Jón Árnor Stefánsson a même fait un essai en NBA, chez les Dallas Mavericks. Il a joué 5 matches de pré-saison en 2004 (3 défaites, une victoire). Mais des stats peu flatteuses (2.4 points en 11 minutes en moyenne) ont condamné le jeune meneur de jeu qui joue désormais en Europe.

Les filles sont nettement moins à leur aise que les garçons. L'équipe nationale est quasiment inexistante des compétitions internationales. Seul fait d'arme : une victoire au tournoi scandinave en 1966 ! Quant aux clubs, aucun n'est qualifié dans une coupe d'Europe cette saison.


Lisez l'interview d'Ólafur Stefánsson par Toute l'Islande.

Euro Handball

Un défi. Un an et demi après sa médaille olympique à Pékin, L'équipe nationale d'Islande retrouve une compétition internationale, les championnats d'Europe. Les hommes de Guðmundur Guðmundsson n'ont jamais fait mieux que 4ème dans cette compétition.

Malheureux au tirage, ils devront dès le premier tour se défaire de l'Autriche, qui joue devant son public, et surtout du Danemark, champion d'Europe en titre. Et accessoirement, ancienne nation tutélaire.

Petit pays, mais grosses ambitions.

Car pour l'instant, les Islandais sont en très grande forme. Ils viennent de battre à deux reprises les Allemands, champions du monde en 2007 et champions d'Europe en 2004, puis l'Espagne, championne du monde en 2004. Une réelle performance compte tenu du peu de temps de jeu dont dispose cette équipe : la grande majorité des joueurs s'est exportée sur le continent. Seuls 5 d'entre eux évoluent encore en Islande. Une vraie diaspora entre Espagne, Allemagne et Danemark. Guðmundur Guðmundsson ne peut que rarement rassembler L'équipe au complet et doit constamment jongler avec l'état de forme de ces joueurs, au gré des championnats nationaux et coupes d'Europe.

Les médaillés sont là.

Si en 2008 à Pékin, les Islandais avaient créé une réelle surprise en se hissant en finale, désormais, ils sont attendus. d'autant plus que les héros de Pékin sont pour la plupart encore présents dans L'équipe, et notamment le redoutable trio du club de Rhein Nekard Lowen (Allemagne) : Ólafur Stefánsson, le plus grand joueur islandais de tous les temps, Snorri Stein Guðjónsson et Guðjón Valur Sigurðsson. En tout, pas moins de 18 joueurs médaillés d'argent (sur 20) ont été sélectionnés pour ces championnats d'Europe.

Une formule compliquée.

Traditionnellement, les compétitions internationales se jouent en trois phases. Et dès la première, le droit à l'erreur est interdit. 3 équipes sur les 4 du groupe se qualifient pour la phase suivante, mais tous les points acquis sont conservés. Autant dire que pour pouvoir se qualifier en demi-finale, l'Islande doit impérativement battre l'Autriche et la Serbie. La première place du groupe se jouera ensuite face au Danemark. Une rencontre déjà décisive.

Pour la deuxième phase, deux poules sont regroupées. l'Islande retrouvera ainsi 3 équipes du Groupe A, et parmi elle la Russie et surtout la Croatie, vice-championne du monde en titre.

À l'issue de ce 2ème tour, seul les 2 premiers de chaque groupe sont qualifiés pour les demi-finales. Parvenir jusqu'à ce stade de la compétition serait déjà un exploit tant la marge d'erreur est faible.



Football



Le championnat islandais de football se joue en été. La saison dernière (2008), 12 clubs se sont affrontés. 6 de ces clubs sont situés à Reykjavík. 3 font partie de son agglomération. Les 3 restants sont des villes toutes proche (Keflavík, Akranes et Grindavík).

Akranes justement est l'un des plus grands clubs de l'histoire du football islandais. Tout de jaune vêtus, les joueurs de cette petite ville située au nord de Reykjavík ont remporté 18 championnats et 9 coupes d'Islande.

Mais ces dernières années cependant, rares sont les clubs à briser l'hégémonie nationale de Hafnafjördur, titré à 4 reprises en 5 ans et champion en titre.

L'équipe nationale

L'équipe nationale, elle, peine pour s'imposer sur la scène internationale. Pour l'instant, l'Islande n'a jamais réussi à se qualifier pour une coupe d'Europe ou du monde. Cependant, lors de la dernière campagne pour l'Euro 2008, les hommes de Ólafur Jóhannesson ont réalisés 3 petits exploits, en tenant en échec l'Espagne (1-1) et en battant par deux fois l'Irlande du nord, alors leader du groupe (0-3, 2-1).

L'équipe nationale d'Islande, surnommée Strákarnir okkar ("nos gars"), a malgré tout marqué l'histoire. En avril 1996, lors d'un match contre l'Estonie, Eiður Smári Guðjohnsen est entré en jeu, remplaçant son père Árnor. Pour la 1ere fois, un père et son fils jouent le même match international.

Eiður Smári Guðjohnsen

Il est sans doute le plus célèbre de tous les sportifs islandais. Eiður Smári Guðjohnsen a commencé sa carrière au Valur Reykjavík. Rapidement transféré au PSV Eindhoven où il côtoie le jeune Ronaldo, il se blesse et repart en Islande, au KR cette fois, où il relance sa carrière. Transféré à Bolton, puis à Chelsea, puis au prestigieux FC Barcelone, Eiður Guðjohnsen grimpe les échelons d'une carrière footballistique quasi-exemplaire.

En 13 ans seulement, il s’est construit un beau palmarès avec 2 titres de champion d'Angleterre et une coupe de la ligue anglaise. Malgré un temps de jeu réduit, il reste au Barça avec lequel il remporte la Ligue des Champions. Il est le premier islandais à ramener ce titre. Il passe la saison suivante (2009-2010) à l'AS Monaco.

Eiður Smári Guðjohnsen est surtout entré dans l'histoire du football islandais via l'équipe nationale. Il est devenu le premier joueur du monde à jouer un match officiel avec son père, Arnor Guðjohnsen (face à l'Estonie en 1996). Ce fut la seule et unique fois que père et fils eurent l'occasion de se côtoyer en équipe d'Islande, Eiður se blessant gravement quelques temps plus tard.

Aujourd’hui, Eiður Smári Guðjohnsen est le pilier de la sélection islandaise, son meilleur buteur historique.

Les footballeuses

Les footballeuses, elles, ont un vrai poids à l'échelle internationale. L'Equipe nationale est actuellement (2009) classée 19ème au classement FIFA après avoir été 17ème en 2003. Preuve de l'importance du football féminin islandais : la coupe d'Europe des -19 ans 2007, et des -17 ans 2009 ont été organisée dans l'île.

Fin 2008, les islandaises se sont qualifiées pour leur première grande compétition internationale, en arrachant leur billet pour l'Euro 2009 en barrages. Sans surprise, elles ont été éliminées au premier tour après voir été battue, notamment, par la France (3-1).



Basketball



Ne cherchez pas L'équipe nationale dans de grandes compétitions, pas plus que des clubs en coupe d'Europe.

Le basketball islandais est très discret sur la scène internationale. Un joueur lui a toutefois permis de sortir de son anonymat : Petur Guðmundsson, pivot.

Né à Reykjavík, en 1958, il est le premier, et à ce jour, le seul, joueur a avoir évolué en NBA (saison régulière). Après avoir fait ses études dans un lycée américain puis à l'université de Washington, il est drafté en 1981 par Portland (3e tour).

Quatre saisons et 150 matches au total, pour Portland, puis les Lakers et enfin San Antonio. Il jouera même les playoffs à deux reprises, en 1986 (finale de conférence) et 1988 (1er tour).



Jeux Olympiques



Sportivement, l'Islande est une petite nation. En témoigne, son bilan aux Jeux olympiques. Seulement 4 médailles : 2 d'argent (en 2008 en handball et en 1956 au triple saut) et 2 de bronze (en judo en 1984 et au saut à la perche en 2000).

En 2008, les handballeurs islandais ont créé la sensation et l'exploit en atteignant la finale olympique, battus seulement par la France pour l'or. La consécration d'une génération dorée, ou plutôt en argent... Ils ont d'ailleurs sauvé l'honneur, puisqu'aucun autre athlète engagé à Pékin n'a réussi à passer le cap des qualifications.

En ce qui concerne les Jeux Olympiques d'hiver, le compteur est toujours bloqué à 0 : 0 médailles en 15 participations.


Pékin 2008

La délégation islandaise est réduite à Pékin : 32 sportifs, dont plus de la moitié (19), comme d'habitude pourrait-on dire, est composée de L'équipe de handball.

La cérémonie d'ouverture

Le président de la République islandaise, Ólafur Ragnar Grímsson était présent à la cérémonie d'ouverture. Selon lui, la défense des droits de l'homme en Chine a plus à gagner avec une ouverture de la Chine. Ne pas assister à la cérémonie d'ouverture, et donc avoir une attitude hostile et critique envers la Chine, aurait des effets contre-productifs.

Le porte drapeau est un nageur, Örn Arnarson, spécialisé dans le sprint : 100m nage libre, et 100m dos.

Le bilan

Ces Jeux Olympiques sont historiques pour l'Islande. Les handballeurs se sont qualifiés pour la finale n'échouant que face aux intouchables Français. Une finale synonyme de médaille, l'argent, seulement la 4ème médaille islandaise depuis la création des Jeux. Les handballeurs eux s'offrent leur première finale internationale. L'exploit est juste immense.

Pour les autres athlètes engagés, le bilan n'est en revanche pas très positif. Aucun nageur n'a pu dépasser le stade des séries. Même sanction pour les athlètes. En judo, Þormóþur Árni Jónsson a remporté un combat, avant de se faire éliminer.



Sources



Site islandais de Glíma

Viking Glíma Federation

www.iceland.is

Toutes les sources du site Toute l'Islande ici.


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