Les fjords de l'est de l'Islande
De port en port




Entre Egilsstaðir et Höfn, la côte du sud-est de l’Islande est déchiquetée par les fjords. Plongés dans une épaisse brume venue de la mer, ou baignés par le soleil timide du nord, chacun de ces fjords offrent un voyage unique. Quelques petits villages de pêcheurs s’intercalent.





Localisation

Reculer pour mieux avancer. Pas le choix pour rejoindre Höfn. La route numéro 1 serpente le long des fjords 200 km durant. Pas de pont, il faut suivre le rivage. La mer n’est jamais bien loin, les montagnes non plus, le brouillard quasi omniprésent. Tel est le sud-est de la côte islandaise. La région la moins peuplée d’Islande. Les rares villages se posent le long de la route. La plupart sont de simples et paisibles ports de pêche. Certains valent cependant un petit arrêt.

Djúpivogur

"L’anse profonde". Situé à l’est de Höfn, à la pointe du Berufjörður, ce village de 400 habitants, est construit autour de son petit port de pêche réputé pour son saumon. Au XVIème siècle, le roi du Danemark, régent d’Islande, assura la prospérité du village en accordant le monopole du commerce de Djúpivogur aux marchands de Hambourg.

En face, l’île de Papey, l’île aux moines, où s’étaient installés les ermites irlandais, les premiers habitants de l’Islande.


La voyante de Reiðarfjörður

Autrefois vivait une voyante dans la ferme Sómastaðir, au-dessus de Reiðarfjörður. Avant de mourir, la femme demanda à ce que ses os soient enterrés au plus bel endroit du fjord. Ainsi, elle pourrait protéger les fjords, empêchant toute invasion par la mer, même au-delà de la mort. Ses dernières volontés furent respectées et cette protection surnaturelle sauva le village au moins deux fois :
En 1627, des pirates algériens pillèrent plusieurs villages de la région. Une grande tempête les empêcha d’entrer dans le Reiðarfjörður.
Durant la seconde guerre mondiale, un avion allemand était en route pour bombarder le petit port. Il n’arriva jamais à destination : il s'écrasa sur la colline où habitait la voyante.

Breiðalsvík

370 habitants pour un village qui garde l’entrée des vallées intérieures. Aux alentours, des sommets de basalte peuvent atteindre 1000m d’altitude. Des rennes sauvages y ont élu domicile, guère dérangés par une présence humaine plus que discrète.

Fáskrúðsfjörður

Ce village, bien ordinaire par ailleurs, et blotti au fond du fjörd homonyme, est sans nul doute le plus atypique des villages de la région. Il fut fondé par des pêcheurs français, les fameux "pêcheurs d’Islande" de Pierre Loti, majoritairement bretons, venus de l’hexagone pêcher en mer du Nord. Ils étaient parfois 5000 à mouiller dans le port. Le rude climat et le rude travail de pêcheur, imposa la présence de bateaux hôpitaux, puis d’un hôpital en dur, aujourd’hui en ruine.

À la sortie du village, le cimetière rappelle le lourd tribut payé par ces marins pêcheurs : près de 400 navires français ont sombré dans cette zone. Pour rappeler l’étroite relation entre le fjord et les Français, une fête est organisée chaque année. En outre, les noms des rues sont tous inscrits en islandais et en français. Une façon plutôt originale de rendre hommage à ceux qui ont fait vivre le fjord jusqu’au siècle dernier.


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