L’Islande tient une place importante dans le cœur des Français. La place faite à l’art contemporain islandais en est l’une des preuves. Mais surtout, l’importance de l’Islande dans la littérature française en est une autre.
La pêche
Le chef de file de cette mouvance islandologue en France est Pierre Loti, avec son "Pêcheurs d’Islande". (1986). Loti raconte un drame. Celui de l’amour, de la mer. L’histoire de ses pêcheurs bretons affrontant les mers du nord, affrontant la mort.
La pêche et ses tourments prennent une place primordiale dans l’imaginaire. D’autres ouvrages, notamment le récit-témoignage d’Emile Condroyer, Une campagne de pêche au large de l’Islande (1929) raconte ce lien. L’implication de l’auteur dans la connaissance et le vécu des pêcheurs. Coudroyer accompagne un équipage en mer d’Islande et témoigne de leur rude métier dans la solitude et le terrible de la mer.
Ceux des tempêtes, (2006), livre, lui, les techniques de pêche dans ces mers difficiles mais fructueuses.
La mer et l’exploration
La mer est omniprésente, comme un défi à l’homme. À la fois source d’espoir et de peur. Elle est à l’origine de nombreux destins, comme ceux de Leifr Eríkson ou Aude la Sagace. Les héros privilégiés de deux romans d’aventure et d’exploration.
La Saga du Vinland de Camo, (2008), ou comment fut découverte l’Amérique par Leifr Eríkson, fils d'Erík le Rouge. Au fil des pages, l’auteur romance la découverte du Vinland, terre des vignes, et la rencontre, parfois tragique, avec les indiens d’Amérique.
La fiancée du nord de Guers, (2007) : la vie d’Aude la Sagace vaudrait à elle seule une Saga. Si elle a dû se contenter des seconds rôles dans ces textes médiévaux, ce roman la met dans la lumière. Passons les détails historiques faux, ou légèrement modifiés, ce roman a le mérite de mettre en avant les aventures vraies d’une femme à une époque où les exploits étaient essentiellement masculins.
La spiritualité
L’Islande apparaît souvent dans les romans comme un rituel de passage. Un endroit par lequel on doit passer pour comprendre la vie, sa vie, qui on est. L’Islande paraît fantastique, exotique, un pays méconnu, qui occupe un espace de réflexion et de repli sur soi en même temps qu’une ouverture à la nature et à l’univers. Une découverte de soi. Trois ouvrages notamment reviennent sur cette quête initiatique.
Paladines, Harmattan
Le Fuji Yama Boréal, Gotlib, Harmattan, 2004 ;
Pâques d’Islande, Le Braz, Terre de Brume, 2001.
La science
Les recherches scientifiques islandaises inspirent également nos auteurs français. En 1998, une société privée, DeCode Genetics, soutenue par la population de l’île, obtient l’exclusivité de l’exploitation des gênes des islandais. Le roman Abandon progressif d’humanité d’Eric Legastelois (2004) dénonce l’exploitation abusive et extrême d’une telle expérience.
Hergé lui-même plaça lIslande sur le chemin d'une recherche scientifique dans "Létoile mystérieuse". Tintin, le capitaine Haddock et consorts passent au large de Reykjavík avant de faire escale à Akureyri.
Mais l’Islande aurait-elle provoqué autant d’enthousiasme en France sans l’élan précurseur de Jules Verne qui fait du volcan islandais Snæfells, l’entrée vers le centre de la terre, dans son roman Voyage au centre de la terre ?