L’Islande indépendante entre dans une nouvelle ère, totalement inconnue : la démocratie. Les partis de l’Indépendance, du Labour et les socialistes, forment une coalition pour former le premier gouvernement islandais. C’est le Gouvernement de l’Innovation.
L’expérience ne dure pas. 1947, les premiers soubresauts de la Guerre Froide atteignent l’Islande, point géopolitique ô combien stratégique pour le nord de l’Europe. Les Américains veulent rester dans le pays. Le gouvernement est partagé. Commence alors une longue période d’instabilité gouvernementale.
Parallèlement, l’inflation est galopante. L’Islande entre de plain pied dans la société de consommation. Les prix augmentent jusqu’à 86% en 1983. L’équilibre revient peu à peu avant la fin du siècle. Aujourd’hui pourtant, l’Islande reste le pays le plus cher du monde.

Mais l’Islande a des recettes importantes. La pêche est prolifique. Après la levée du joug danois, les quotas sont relevés, les eaux territoriales agrandies. De nouveaux bateaux, plus modernes, sont mis à l’eau. L’industrie de la pêche se met en place.
Malheureusement, ces eaux poissonneuses qui entourent l’île attirent également d’autres nations. Et en premier lieu la Grande Bretagne. Les britanniques contestent l’extension des eaux territoriales de 12 miles, qui réduisent d’autant leurs zones de pêche. C’est la "Cod War", la guerre de la morue. Les britanniques continuent de pêcher, protégés par leur armée (37 vaisseaux et 7000 hommes), dans des zones désormais interdites.
En 1961, le Royaume-Uni finit par reconnaître ces nouveaux territoires. Mais dix ans plus tard, un nouveau gouvernement islandais décide d’agrandir à nouveau ces eaux, de 50 miles cette fois. La "Cod War" est relancée. Le conflit est sans fin. Après une trêve de deux ans, l’Islande augmente ses eaux de 200 miles. La tension est vive. Des bateaux sont éperonnés, des chaluts tranchés.
En 1976, un accord est enfin trouvé. Les britanniques négocient un quota de pêche à l’intérieur du territoire islandais. Cela signe la fin du conflit. Mais aujourd’hui se pose le problème de la surexploitation des bancs de poissons près de l’île. La pêche assurant la plus grande partie des revenus islandais, cette pénurie programmée devrait être au cœur de la politique nationale ces prochaines années.