930, Ingólfur Arnason est le premier colon à s’installer sur l’île. Comme tous les scandinaves de l’époque, il parle le norrois. À l'époque, le norrois n’est que parlé. Le christianisme n’a pas encore atteint les régions du nord de l’Europe, l’alphabétisation est inexistante.
Après l’an mil, et la conversion de l’Islande à la chrétienté, les choses vont s’accélérer. À l’écrit, les runes vont progressivement être remplacées par l’alphabet latin. Deux lettres restent les témoins de cette ère runique : þ et ð.
L’insularité, et donc l’isolement, font que l’Islandais va très vite se figer.
Dès le XIIIe siècle, les Islandais s’approprient définitivement la langue en écrivant les premières sagas. L’isolement islandais va aller en s’accentuant, notamment sous la domination danoise, et la langue ne va guère évoluer. Aujourd’hui, un jeune écolier est capable de lire dans le texte sans difficulté, ces sagas du Moyen Âge. Un peu comme si les collégiens français étaient capables de lire "La Guerre des Gaules", en latin.
Bien sûr, la langue n’est pas figée. Les linguistes sont constamment en train d’inventer de nouveaux mots pour éviter les anglicismes. Exemple le plus frappant, le mot "ordinateur" : "Tölva", mélange de "sorcière", et de "compter", c’est-à-dire, 'une sorcière qui compte'.
En attendant la création de ces nouveaux mots, les islandais, et en particulier les journalistes patientent et n’utilisent pas de mots anglais. La chose n’est pas prise à la légère dans l’île, et les linguistes sont considérés comme des sages veillant à la pureté de leur langue.