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5 bonnes raisons de réhabiliter l’Islande

Soyons clair, l’Islande n’a pas vraiment bonne presse en ce moment en Europe continentale, entre faillite économique et éruption (trop) expansive. Depuis l’Octobre noir, il y a un an et demi déjà, l’Islande a perdu ce lustre qui faisait la réputation de l’île.

Oubliés les habitants les plus heureux de la planète : ils sont ruinés. Oublié le pays le plus riche d’Europe : il a fait faillite. Oublié le pays proche de la nature, écolo au possible : 3 ours blanc tués en 18 mois ont brisé l’utopie. Oubliés les paysages magnifiques : ils sont opacifiés par une fumée abrasive pour nos chers réacteurs.

Bon. Donc, aujourd’hui, que reste t-il à l’Islande ? Que faire pour montrer à tous ces européens lambda, obligés d’annuler leurs vacances, que l’Islande n’est pas QUE ce pays empêcheur de glander en paix ?

Voici l’opération « Réhabilitons l’Islande ».


1 – Une histoire

L’Islande n’a été colonisée que peu avant l’an mil, au IXème siècle, par des Norvégiens, agrémentés de quelques Irlandais cueillis sur le trajet. Ingólfur Árnason a fondé la toute première colonie dans l’ouest de l’île, sur un site qu’il nomma Reykjavík. Moins de 100 ans plus tard (930), les colons fondent ce qui reste aujourd’hui le parlement le plus ancien du monde. Déjà à l’époque, l’Islande était en avance sur son temps.

Bon, le progrès a toutefois ses limites. La Norvège puis le Danemark prennent le contrôle de l’île au XIVème. Il faudra attendre la Seconde Guerre Mondiale pour que l’Islande retrouve son indépendance. Entre les deux, ce sera, en vrac : famines, catastrophes naturelles (des éruptions, déjà) et épidémies. Et beaucoup, beaucoup de morts.

Au final, l’histoire a forgé un peuple capable d’encaisser les coups les plus durs. Il y a 60 ans, l’Islande était le pays le plus pauvre d’Europe. Avec la crise économique, les Islandais n’ont fait que reprendre de vieilles habitudes : travailler beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et ne pas avoir beaucoup d’argent à la fin.


2 – Une littérature exceptionnelle

Bon, d’accord. Peu d’entre vous seront capable de me citer un auteur islandais, même si les amateurs de polar penseront bien à Arnaldur Indriðason (ha bon, il est islandais ?), le plus grand auteur Islandais contemporain, en tout cas, le plus vendu à l’étranger.

Et pourtant, la littérature islandaise est l’une des plus riches du monde. Et c’est culturel. Les Sagas, écrites au XIIème siècle, sont l’un des fleurons de la littérature médiévale, et s’ils elles n’avaient pas été écrites en Islandais, mais en latin, elles seraient aussi connues que Chrétien de Troyes et consort.

Indriðason donc, mais aussi l’incroyable Sjón (Le parolier de Björk, mais surtout la plus belle plume islandaise), Þórarinsson, Stefánsson, Baldursdóttir, Minervadóttir…. Sans oublier le regretté Laxness, prix Nobel de littérature en 1955. Proportionnellement à sa population, l’Islande est le pays qui publie le plus de livres par an. Et le taux d’alphabétisation est de 100%. Il l’était déjà quand le pays était plus pauvre que pauvre.


3 – Une musique

Björk. OK. Oui, c’est vrai, rien à dire. Elle écrase tout. Et surtout elle a lancé une dynamique en Islande. Son succès international a permis à d’autres artistes d’éclore à l’étranger, et aujourd’hui, des Islandais sont capables de remplir le Zénith.

Sigur Rós pourrait presque faire de l’ombre à la Diva du nord. Chaperonné par Radiohead au début des années 2000, Sigur Rós a conquis la France il y a deux ans, avec son nouvel album au nom improbable que je vous épargnerai ici.

Emiliana Torrini. Oui, comme ça, ça ne sonne pas très islandais, je vous l’accorde. Normal, son père est italien. Un mélange du genre assez atypique pour une belle chanteuse folk qui a joué à guichet fermé lors de sa dernière tournée en France en début d’année.

Et tous ceux qui arrivent derrière : Gus Gus, déjà bien installé sur la scène électro française, et FM Belfast qui vient de boucler une tournée européenne.

Il faut être clair, aucun de ces groupes ne sera un jour aussi connu que Muse, U2 ou les Stones (mais plus que Kyo). Mais malgré tout. Imaginez la ville de Nantes (équivalent en population à l’Islande) être le foyer de tels groupes connus mondialement ? Déjà, essayez de trouver 5 artistes français connus à l’étranger (sans compter les pays francophones) !


4 – Un modèle social

Un fait pourrait à lui seul résumer le modèle social islandais : leur premier ministre est une femme lesbienne, en couple avec sa compagne depuis près de 10 ans. Elle l'a d'ailleurs épousée en juin dernier. En France, on le précise, on le souligne, on s’étonne, on s’indigne pour certains. En Islande, ils s’en foutent royalement. Les Islandais ont été les premiers au monde à élire démocratiquement une femme à la présidence de la République, en 1980. Le symbole d’un mouvement féministe très fort dans l’île, même s’il à tendance à s’atténuer ces dernières années.

Parité, égalité. Certains pays pourraient s’inspirer.


5 – Une laine très très chaude

Tout est dit. La laine du mouton islandais est l’une des plus chaudes du monde. Et les Islandais ne s’en passent pas, même si cela implique de porter des pulls hideux pour ne pas avoir froid.


Tout est dit. Ou presque : non, en Islande, il n’y a pas que des banquiers véreux et des volcans capricieux. Qu’on se le dise !


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