
Hier, Skálholt était la capitale islandaise, à tous les niveaux. Aujourd’hui n'y reste qu'un ultime vestige de ces temps d'influence : une massive église.
Des pans de l’histoire islandaise se sont joués ici. Mais au XVIème, la Réforme mit fin au rayonnement de l’évêché.
Localisation
Skálholt est située au sud-ouest de l’île. Pas très loin de Þingvellir. Deux bornes en pierre sculptée relient d’ailleurs ces deux hauts-lieux de l’histoire islandaise. Autour, une zone géothermique intense.
De la petite ville prospère des temps médiévaux subsistent seulement quelques maisons, et un centre culturel important. À Skálholt comme à Reykholt, tout est fait pour mettre en avant l’Histoire du lieu. La taille de l’église d'un blanc immaculé semble démesurée : près de 30 mètres de haut.
Petit historique
Le hameau de Skálholt a été fondé en 1056 par un prêtre, Isleifur, fils de Gissur le Blanc. Après la construction sur ces terres de la première église du pays, le hameau devient évêché, et de facto, capitale de l’Islande. Capitale religieuse bien sûr, mais également culturelle, et politique.
Au XIIème siècle, une grande cathédrale en bois y est construite. Pour l’occasion, le précieux matériau est importé de Norvège.
Au total, au fil des siècles, 32 évêques vont se succéder à la tête de l’Eglise islandaise à Skálholt.
Mais au XVIème siècle, l’Islande doit se convertir brutalement au luthéranisme imposé par le Danemark. Certains tentent de résister tant bien que mal. Parmi eux, le dernier évêque d’Islande, Jon Árason, exécuté à Skálholt avec ses deux fils en 1550. Cette date marque la fin de l’âge d’or de Skálholt, même si l'Eglise protestante y reste installée.
En 1784, un puissant tremblement de terre secoue la région. Skalholt est rasée. Tous les bâtiments, excepté l'église, ne sont plus que ruines. L'évêché est alors transféré à Reykjavík. Un déménagement rendu définitif 10 ans plus tard. Une page se tourne définitivement.
La ferme de Stöng
Le Pompeï nordique. En 1104, la ferme de Stöng a été recouverte par les laves de l’Hekla, et donc, parfaitement préservée depuis les temps médiévaux. Excavée en 1939 par des archéologues, elle est aujourd’hui une mine d’information pour les historiens en manque de traces archéologiques des habitats des premiers colons. Il faut dire que bois et tourbe se conservent mal. Malheureusement pour les archéologues et historiens, les habitants ont eu le temps de préparer leur départ, et ont emporté avec eux tous une grande partie des objets de la vie courante.
Une mention de cette ferme est faite dans la célèbre Saga de Njáll le Brulé. Un certain Graukur Trandilsson y habitait.
Cinq autres fermes ont été ensevelies lors de la même éruption dans les environs.
      Visite guidée
La cathédrale
Elle est immense, toute blanche, et n’a été construite que récemment, entre 1956 et 1963, pour célébrer le millénaire de l’évêché. À cette occasion, les Eglises scandinaves ont d’ailleurs toutes participé à la décoration du bâtiment religieux. Les vitraux par exemple, ont été donnés par les danois.
Les principaux trésors de Skálholt, conservés dans l’ancienne cathédrale, sont désormais exposés à Reykjavík, dans le musée national. De très nombreux livres notamment imprimés sur place à la fin du XVIIIème siècle, et notamment le premier livre jamais imprimé en langue islandaise.
L’Hekla
L’une des deux portes de l’Enfer sur terre (avec le Stromboli). Ce volcan est l’un des plus connus au monde. Il a terrifié le monde jusqu’en 1750. Deux naturalistes décidèrent alors d’en faire l’ascension (1491m) pour juger sur place. La légende tombe.
Son sommet, cerclé de lave noire, est toujours enneigé.
L’Hekla est un volcan jeune. Il est le plus imprévisible et le plus actif d’Islande, avec près de 50 éruptions au compteur, certaines très puissantes, dévastatrices, et mortelles. L’éruption de 1766 dura deux ans. 18 cratères en simultané étaient alors en action. La dernière éruption remonte à février 2000.
Kerið

Ce cratère cache bien son jeu. Posé au bord de la route, pas vraiment mis en valeur, il faut l’escalader pour en saisir toute la beauté : un immense lac turquoise, contrastant avec les flancs rougeâtres du volcan, rempli le fond du cratère.
Vieux de 6500 ans, profond de 55m, Kerið est au centre d’une région volcanique : trois zones éruptives sont distantes de quelques kilomètres à peine, et un champ de lave recouvre le tout. Au total, près de 1.3m3 de lave se sont déversés dans la région, couvrant plus de 50km2.