
L’île la plus jeune du monde. Née en 1963 après une éruption volcanique sous-marine au large de l’Islande, l’île de Surtsey vient d’être classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Véritable sanctuaire réservée aux seuls chercheurs, l’île de Surtsey est un trésor géologique, zoologique, et naturel pourtant déjà condamné à disparaître.
Localisation
L’île de Surtsey est situé à 32km au sud de l’Islande, près de l’archipel des Vestmann. C’est d’ailleurs le point de l’Islande le plus méridional. L’île est totalement inhabitée, et protégée : seuls les chercheurs ont pu fouler son sol, non sans précautions.
L’île en elle-même est composée de deux cônes volcaniques : Surtungur à l’est et Surtur à l’ouest. Chacun forme un point culminant sur l’île : Vesturbunki et Austurbunki, respectivement 141m et 157m de haut (en 2008).
Le patrimoine mondial de l’UNESCO
En 2001, le gouvernement islandais propose que l’île de Surtsey soit inscrite au patrimoine mondial. En Islande, seul le parc national de Þingvellir a eu droit à cet honneur en 2004. Finalement, en 2008, l’UNESCO a accédé à la demande islandaise.
Petit historique
14 novembre 1963, une éruption gigantesque se déclenche à 130 mètres de fond. Le 5 juin 1967, l’éruption se termine enfin. Un peu moins de quatre ans d’une activité volcanique intense ont créé une toute nouvelle île, nommée Surtsey, en référence à Surtur, le génie du feu de la mythologie nordique, l'équivalent du Vulcain des romains.
En 1967, l’île mesure 2.7km², son point culminant étant de 173 mètres de haut. Mais la surface de l’île est composée de Tephra, un minéral très fragile. Avec l’érosion de l’eau, et de l’air, en 2005, elle ne mesure plus que 1.5km². Selon les prévisions des spécialistes, en 2130, sa taille très réduite devrait se stabiliser, tout le Tephra ayant été érodé. L’île pourrait toutefois totalement disparaître dans 500 ans au plus tard. Sauf nouvelle éruption bien sûr.
Réserve naturelle

Dès sa formation, les scientifiques ont compris tout l’intérêt d’une telle île : un territoire totalement vierge, non contaminé par l’homme, sans aucune implantation végétale ou animale.
L'île est interdite au public, sous strict contrôle du Museum d’Histoire Naturelle de Reykjavík. Seul son survol par avion est autorisé.
Dès juin 1965, une première plante apparaît, puis des mousses, puis des lichens. Mousses et lichens finissent d’ailleurs par recouvrir la majorité de l’île. 30 espèces végétales sont aujourd’hui installées sur le sol de Surtsey, et environ 2 à 6 espèces supplémentaires colonisent l’île chaque année.
Les oiseaux sont eux arrivés trois ans après la fin de l’éruption : des fulmars puis des guillemots. Les mouettes ne se sont installées qu’en 1986, les premiers macareux moines il y a quatre ans seulement (2004). En outre, l’île est devenue un point d’arrêt pour certains oiseaux migrateurs.
70 phoques vivent sur Surtsey. Les premiers phocidés sont arrivés dès la fin de l’éruption, et la colonie s’est progressivement agrandie. Phoques gris et phoques communs cohabitent. La vie sous-marine s’est également développée : étoiles de mer, varech et algues ont été observés dans les fonds marins entourant Surtsey.