Allemagne, Espagne. Respectivement champions du monde 2007 et 2004. En 15 jours, l’Islande aura frappé les esprits. Ólafur Stefánsson et consorts ont battu, par deux fois, les Allemands. Puis les Espagnols (avant de logiquement s’incliner face à l’armada française dans un remake de la finale des Jeux Olympiques).
Des ajustements encore nécessaires.
Le rush final avant l’Euro en Autriche aura donc permis aux Islandais d’engranger de la confiance, à défaut d’avoir montré du beau jeu. Certes, l’Islande dispose de trois pépites : le vétéran Ólafur Stefánsson, toujours indispensable pour une bonne circulation de balle, le pivot Robert Gunnarsson, et le gardien Bjorgvin Gustavsson, et ses exploits répétés dans les buts.
Mais face à l’Espagne, pourtant loin de son meilleur niveau, les petites failles ont été criantes : pertes de balle (18 contre 10 pour l’Espagne), mauvais choix de tir, indiscipline (8 infériorités numériques contre 3 pour l’Espagne). Des détails qui pourraient priver l’Islande d’une demi-finale européenne.
Stefánsson sur courant alternatif.
Plus inquiétant, l’équipe de Gudmundur Gundmundsson est victime d’une "Ólafur Stefánsson dépendance". À son meilleur niveau, le capitaine islandais est capable d’être l’un des tous meilleurs joueurs du monde. Il est celui qui organise le jeu de toute l’équipe. Avec Ólafur sur le terrain, les Islandais jouent plus vite, les passes sont plus fluides, les tirs plus faciles. Et si personne ne trouve l’ouverture, lui est capable de marquer dans n’importe quelle position. 5 buts face à l’Espagne.
Mais à 36 ans, difficile de maintenir un tel niveau sur 60 minutes. Ólafur Stefánsson c’est aussi 50% de réussite au tir seulement, des passes ratées, des pertes de balle répétées (7). Et lorsqu’il est sur le banc, l’équipe déjoue.
Désormais l’Islande n’a plus le temps d’ajuster son jeu. Pour accéder aux demi-finales de l’Euro, les vice-champions olympiques devront réaliser un parcours quasi-parfait. Et au vu de leur prestation au tournoi de Bercy, ce n’est pas acquis d'avance.