Est de l'Islande



L'est de l'Islande est un région peu peuplée, mais non moins riche en diversité. C'est d'abord ses fjords, moins beaux que ceux du nord-ouest, mais stupéfiants tout de même. Ce sont de petits villages cachés, comme Seyðisfjörður qui ne voit le soleil que trois mois dans l'année. C'est la seule forêt d'Islande, peu fourni en raison de l'insularité, à Egilsstaðir. Et toujours des chutes d'eau magnifiques, des églises esseulées (une des plus belles à Höfn) et des légendes qui nourrissent notre imaginaire.



Seyðisfjörður



Le village de Seyðisfjörður est enfoncé au fond d'un magnifique fjord. Il est si encaissé entre de majestueuses montagnes qu'il ne voit le soleil que trois mois par an. Ce qui n'empêche pas ce petit port de pêche de 800 habitants d'être l'un des plus actifs d'Islande.

Seyðisfjörður est en contrebas de Egilsstaðir, blotti au cœur d'un fjord de 16km de long. Pour y accéder, peu de solutions : la route, longue, sinueuse, qui s'enfonce dans le fjord, cerclée de montagnes ou la mer, par le ferry-boat.

Historique

Le village de Seyðisfjörður aurait été fondé peu après 900 par un viking venu de Norvège, Beowulf. Au siècle dernier, il devient un port de pêche réputé pour son hareng. Des norvégiens s'y installent, notamment Otto Wathne de Mandal qui crée une industrie halieutique à grande échelle. De cette époque, la ville conserve ses petites maisons d'inspirations norvégiennes, en bois très coloré.

En 1906, Seyðisfjörður est la première ville d'Islande reliée au télégraphe, et en 1913, la première à recevoir l'électricité. Durant la seconde guerre mondiale, Seyðisfjörður sert de base militaire britannique puis américaine. Un stigmate : le pétrolier El Grillo coulé par les bombardiers allemands, hante toujours les eaux du fjord.

Dvergasteinn

Jusqu'en 1938, le presbytère de Seyðisfjörður était situé à la ferme Dvergasteinn. À quelques mètres de là se trouvait une grosse roche posée sur les sables. Cette roche, constellée de petites alvéoles, est réputée abriter des elfes. Lorsque l'église fut déménagée pour être installée au cœur du village, le rocher la suivit à la nage le long du fjord.

La petite église

D'inspiration norvégienne, l'église de Seyðisfjörður se fond au cœur du village, à quelques centaines de mètres du port. D'un magnifique bleu pastel, aux poutres d'un blanc immaculé, l'église est surmontée d'une girouette perchée au bout d'une étroite flèche. Tous les mercredis soirs, les chants (gospels entre autres) envahissent son chœur.

Le ferry

Le ferry-boat a fait de Seyðisfjörður l'une des villes les plus dynamiques d'Islande au siècle dernier (1975), et pour cause, les visiteurs en provenance des Iles Féroé, de Norvège ou d'Ecosse, y débarquaient, en même temps qu'un flot important de marchandises. Ce ferry existe toujours aujourd'hui et anime la ville chaque mercredi et jeudi.


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Egilsstaðir



La ville d'Egilsstaðir est un îlot de verdure au centre de régions désertiques. Son environnement la rend unique en Islande : au bord d'un lac, proche d'une forêt (si rare) et à quelques encablures de la côte et des fjords.

Egilsstaðir est situé complètement à l'est de l'île au cœur de la région la plus ancienne d'Islande, géologiquement parlant. L'activité volcanique y est faible, les habitants dispersés et peu nombreux. Seulement 5% de la population islandaise s'y rassemble. Avec son aéroport, Egilsstaðir est le centre commercial et économique de la région. Le village est également au cœur d'une vallée très fertile, le long du Lagarfljót.

Historique

Egilsstaðir a réussi le tour de force de devenir la plus importante ville des fjords de l'est en l'espace de 50 ans. La première maison n'y a été construite qu'en 1944. Le site, une ancienne ferme appelée Egilsstaðir, a été choisi pour centraliser tous les services régionaux. Aujourd'hui, plus de 2000 habitants peuplent ce village paisible situé sur les rives du Lögurinn, le lac bordé par la plus importante forêt d'Islande.

Le monstre d'Egilsstaðir

Un cousin de Nessie, le monstre du Loch Ness, vit au fond des eaux dormantes du lac d'Egilsstaðir. Le monstre, appelé le Lagarfljótsormurinn, est si populaire dans la région qu'il figure sur les armoiries de la ville. Ce mystérieux habitant hante le lac depuis le XIIIème siècle. Sa présence est attestée par d'anciens contes populaires. Une légende prise très au sérieux par les habitants d'Egilsstaðir. Une récompense est même offerte au premier qui rapportera une photo de l'hôte secret.

Une autre légende raconte l'origine du monstre : une jeune fille gardait une bague en or dans un coffret. Mais quand elle l'ouvrit, la bague se transforma en ver. Dégoûtée, la jeune fille jeta le ver dans le lac. Le ver grossit alors jusqu'à devenir un vrai monstre, le Lagarfljótsormurinn.

La forêt

Les Islandais ont beaucoup d'humour lorsqu'il s'agit de parler de leur pays, notamment de leurs forêts. Un dicton précise : "Que faut-il faire si l'on se perd dans une forêt islandaise ? Réponse : se mettre debout." Il est vrai qu'en Islande, les arbres cachent rarement la vue et sont une denrée très rare. Les arbres manquent, à tel point que les autorités tentent de reboiser l'île.

La forêt d'Egilsstaðir, appelée Hallormsstaðarskógur, a été protégée dès le XIXème siècle, puis gérée pour en accroître la superficie. Elle est composée d'une quarantaine d'espèces d'arbres provenant en partie d'Alaska. Avec 200 hectares, le reboisement est aujourd'hui une réussite, même si la forêt n'a pas la vigueur que l'on connaît à des latitudes plus raisonnables.

Le Mont Snaeffel

Le "mont de la neige" est un volcan aujourd'hui éteint. Il surplombe Egilsstaðir. Haut de 1833 mètres, le mont Snaeffel est le point culminant de la région. Souvent enrobé d'une chape de nuage, il se dévoile parfois, laissant apparaître ses neiges éternelles. Sur ses flancs, des rennes importés de Norvège il y a 200 ans s'y sont multipliés.

Hengifoss

Située sur la rive opposée du lac, la cascade Hengifoss, 120 mètres de haut (la 3ème plus haute d'Islande), est superbe. Enchâssée dans un canyon, elle se mérite : 2 heures de marche, en montée, sans arbres, mais avec une vue imparable sur le lac et le village. Peut-être la solution pour apercevoir le Lagarfljótsormurinn.

En contrebas se situe une autre cascade, plus petite (30 mètres), mais aussi belle, Litlanesfoss. Les parois du canyon sont entourées de strates de basaltes, entrecoupées par des couches d'argile rouge.



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Höfn



Höfn, qui veut dire tout simplement "port" en islandais, est une véritable petite ville de 1750 habitants posée au pied du glacier, cernée par deux langues du Vatnajökull d'un côté, par l'océan de l'autre. Le tout au pied de montagnes escarpées.

Localisation

Bien qu'elle soit au sud de l'île, Höfn jouit d'un climat plus que médiocre, souvent pluvieux et venté, qui n'embellit pas une ville déjà très terne. Höfn est située à la pointe d'une péninsule, entourée par l'eau. Juste en face du port se situe l'un des deux seuls accès au grand large : une petite ouverture entre une presque-île et une île très plate qui ferme presque entièrement l'anse.

Historique

Il y a seulement 35 ans, Höfn était une ville quasiment inaccessible. La route n°1 n'était pas encore totalement finie. En 1974, le port est enfin relié à la route circulaire. De cette époque, Höfn garde son ambiance de lieu isolé du monde. Son économie est tournée vers la pêche bien sûr, mais également vers l'agriculture, notamment les produits laitiers (mozzarella).

þorisdalur

þorisdalur est une ferme, située le long de la rivière Jökulsá í Lóni, à l'est de Höfn. À la fin du XVIIIème siècle y habitait þorður Þórrkelsen, un ecclésiastique, médecin et naturaliste. Cet homme aurait eu des pouvoirs surnaturels, notamment le don d'intercepter les hors-la-loi lorsqu'ils entraient dans la contrée.

Les colonies de phoques

Au bout de la route, près de la mer, bien après la ville, quelques phoques ont établi une colonie. Il est difficile de les apercevoir tant ces mammifères marins sont farouches.

Litla-Hof

Litla-Hof est situé à une dizaine de kilomètres de Höfn. Ce petit village qui borde la route n°1 doit son nom à une église (Hof en islandais) typique, en tourbe, pierre, et au toit herbu, entourée de son cimetière. Très rares sont ces églises encore debout de nos jours, la plupart sont des reconstitutions. L'église de Litla-Hof est un véritable havre de paix, guère troublé que par les bêlements des moutons voisins. Elle est une des plus jolies d'Islande.


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Les fjords



Entre Egilsstaðir et Höfn, la côte du sud-est de l'Islande est déchiquetée par les fjords. Plongés dans une épaisse brume venue de la mer, ou baignés par le soleil timide du nord, chacun de ces fjords offrent un voyage unique. Quelques petits villages de pêcheurs s'intercalent.

Localisation

Reculer pour mieux avancer. Pas le choix pour rejoindre Höfn. La route numéro 1 serpente le long des fjords 200 km durant. Pas de pont, il faut suivre le rivage. La mer n'est jamais bien loin, les montagnes non plus, le brouillard quasi omniprésent. Tel est le sud-est de la côte islandaise. La région la moins peuplée d'Islande. Les rares villages se posent le long de la route. La plupart sont de simples et paisibles ports de pêche. Certains valent cependant un petit arrêt.

Djúpivogur

"L'anse profonde". Situé à l'est de Höfn, à la pointe du Berufjörður, ce village de 400 habitants, est construit autour de son petit port de pêche réputé pour son saumon. Au XVIème siècle, le roi du Danemark, régent d'Islande, assura la prospérité du village en accordant le monopole du commerce de Djúpivogur aux marchands de Hambourg.

En face, l'île de Papey, l'île aux moines, où s'étaient installés les ermites irlandais, les premiers habitants de l'Islande.

La voyante de Reiðarfjörður

Autrefois vivait une voyante dans la ferme Sómastaðir, au-dessus de Reiðarfjörður. Avant de mourir, la femme demanda à ce que ses os soient enterrés au plus bel endroit du fjord. Ainsi, elle pourrait protéger les fjords, empêchant toute invasion par la mer, même au-delà de la mort. Ses dernières volontés furent respectées et cette protection surnaturelle sauva le village au moins deux fois.

D'abord en 1627. Des pirates algériens pillèrent plusieurs villages de la région. Une grande tempête les empêcha d'entrer dans le Reiðarfjörður. Puis, durant la seconde guerre mondiale. Un avion allemand était en route pour bombarder le petit port. Il n'arriva jamais à destination : il s'écrasa sur la colline où habitait la voyante.

Breiðalsvík

370 habitants pour un village qui garde l'entrée des vallées intérieures. Aux alentours, des sommets de basalte peuvent atteindre 1000m d'altitude. Des rennes sauvages y ont élu domicile, guère dérangés par une présence humaine plus que discrète.

Fáskrúðsfjörður

Ce village, bien ordinaire par ailleurs, et blotti au fond du fjord homonyme, est sans nul doute le plus atypique des villages de la région. Il fut fondé par des pêcheurs français, les fameux "pêcheurs d'Islande" de Pierre Loti, majoritairement bretons, venus de l'hexagone pêcher en mer du Nord. Ils étaient parfois 5000 à mouiller dans le port. Le rude climat et le rude travail de pêcheur imposèrent la présence de bateaux hôpitaux, puis d'un hôpital en dur, aujourd'hui en ruine. À la sortie du village, le cimetière rappelle le lourd tribut payé par ces marins pêcheurs : près de 400 navires français ont sombré dans cette zone.

Pour rappeler l'étroite relation entre le fjord et les Français, une fête est organisée chaque année. En outre, les noms des rues sont tous inscrits en islandais et en français. Une façon plutôt originale de rendre hommage à ceux qui ont fait vivre le fjord jusqu'au siècle dernier.


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Sources



Islande, Le Routard, Hachette.

Islande, Lonely Planet.

Islande, Guide Vert, Michelin.

Islande, Le Petit Futé.

Islande, Guide du Voyageur, Marcus, 2006.

Toutes les sources du site Toute l'Islande ici.


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