Nord-est de l'Islande



Dans le nord est de l'Islande, on trouve les chutes d'eau les plus impressionnantes : Goðafoss et Dettifoss. Deux petites villes sont un passage incontournable des touristes : Akureyri et Húsavík. Cette dernière abrite une des églises les plus charmantes du pays et est le départ des excursions pour voir des baleines. Enfin, c'est au nord est de l'Islande que l'on peut le mieux voir l'activité de la planète avec les boues bouillonnantes dans la région de Mývatn.



Húsavík



Húsavík, 2500 habitants, est un charmant petit port de la mer du Groenland. La vie économique du village tourne largement autour de la pêche. Connu pour sa petite église, la plus belle d'Islande, la renommée d'Húsavík a traversé les frontières : ce village est devenu en quelques années la capitale européenne de l'observation des baleines.

Localisation

Húsavík est situé au bord de la baie de Skjálfandi, tout au nord de l'Islande. Le cercle polaire n'est pas très loin, à peine quelques dizaines de kilomètres. Pourtant, la température chute rarement en dessous de 0°C. Inutile en revanche, d'attendre des pointes au-dessus de 8°C. Par beau temps, du haut du mont qui domine la ville, le Húsavíkurfjall, l'île de Grímsey, posée en équilibre sur le cercle polaire, se devine.

Historique

Húsavík a été fondée aux alentours de 860. Un suédois, Garðarr Svavarsson, cherche à se rendre aux Hébrides, au large de l'Écosse. Il est dérouté par une tempête et débarque en Islande. Il hiverne au nord, à l'emplacement du futur Húsavík, et donne son nom au lieu : Garðarshólmr (îlot de Garðarr). Garðarr est ainsi l'un des tout premiers scandinaves à vivre en Islande. Mais il n'est pas le premier colon : au printemps suivant, il repart. La région de Húsavík sera toutefois la deuxième à être colonisée, après les alentours de Reykjavík.

Près de 1000 ans plus tard, Húsavík est devenue un port spécialisé dans la pêche à la morue et au hareng. Jamais les pêcheurs de Húsavík n'ont chassé la baleine. Pourtant, aujourd'hui, ce port arctique est la capitale européenne de l'observation des baleines.

Ásbyrgi, l'empreinte du cheval d'Óðin

Óðin possède un cheval mythique à 8 pattes appelé Sleipnir. La légende raconte que le canyon d'Ásbyrgi ("la forteresse des Dieux") est en fait l'empreinte du sabot de Sleipnir. Une empreinte gigantesque, environ 3,5km de long. Scientifiquement, ce grand canyon aux parois de 100 mètres de haut s'est creusé il y a 2500 ans en quelques jours à la suite d'un Jökulhlaup, une gigantesque vague déferlante liée à la fonte des glaciers.

La petite église

Cette église posée sur le front de mer, est considérée, à juste titre, comme la plus belle d'Islande. Ce typique bâtiment de bois blanc, au toit vert, a été construit au début du XXème siècle et récemment rénové. À l'intérieur se trouvent des œuvres d'art de plus de 400 ans.

Les compagnies baleinières

Jamais les pêcheurs d'Húsavík n'ont chassé les baleines, malgré la présence de ces massifs visiteurs dans les eaux riches en plancton. En 1995, la ville décide de se lancer dans l'observation des cétacés. Une réussite : plus de 15 000 visiteurs par an. Aucun port européen ne fait mieux. Baleines bleues, orques, dauphins ou simple rorquals, les chances de voir un mammifère marin sont proches de 95%. Toutefois, depuis la reprise de la chasse à la baleine dans les eaux islandaises, il faut désormais aller de plus en plus loin pour apercevoir des cétacés de plus en plus méfiants.

Le musée du Phallus

Unique au monde. Contrairement à ce que l'on pourrait penser de prime abord, ce musée est zoologique. Il rassemble les organes génitaux de tous les mammifères de l'île : 150 phallus, rassemblant 15 espèces de cétacés, 7 de phoques, et 19 de mammifères terrestres, dont un d'ours polaire. Sans oublier des objets d'art au goût plus ou moins douteux. Le musée est actuellement à la recherche d'un donneur humain.


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Akureyri



Akureyri est la capitale du nord. Avec 17 000 habitants, cette petite ville qui borde l'océan arctique est la 2ème plus grande ville du pays (en excluant l'agglomération de Reykjavík). Akureyri est effectivement un grand carrefour culturel : s'y trouvent une université (la seule université en dehors de Reykjavík), plusieurs musées, un théâtre, une bibliothèque, hôtels et restaurants.

Localisation

Akureyri borde l'Eyjafjörður, le "fjord des îles". Elle est située au nord de l'Islande, près du cercle polaire. Toutefois, grâce au Gulf Stream et aux vents dominants, les températures y sont tout à fait clémentes. Il y fait sec et chaud (jusqu'à 24°C en été). En hiver, Akureyri devient une station de ski prisée par les Islandais et les étrangers.

Historique

Le nom de la ville signifie "pointe des champs d'orge". Akureyri est en fait depuis sa fondation une ville agricole. Au XVIème siècle, la ville est un carrefour commercial local. Mais ce commerce florissant est stoppé net par l'instauration du monopole danois en 1602. Il faut alors attendre 1760 pour que les habitants quittent la campagne environnante pour s'installer de façon définitive à Akureyri. Même après la levée du monopole, les Danois ont été très présents dans la ville. L'architecture en témoigne encore aujourd'hui.

La légende du sorbier de Laxdalshús

La plus ancienne maison d'Akureyri est située dans l'ancien centre-ville, Búðargil. Elle date de 1795. À côté de cette maison pousse un sorbier des oiseleurs, dont la caractéristique principale est de repousser après avoir été coupé.

La légende raconte l'histoire d'un frère et d'une sœur, accusés d'inceste. Avant d'être exécutés, ils demandèrent au Seigneur d'apporter, après leur mort, une preuve de leur innocence. Leur vœu se réalisa : un sorbier poussa à l'endroit exact où leur sang fut versé. L'arbre fut alors vénéré. Après la Réforme, l'arbre fut abattu, pour lutter contre les superstitions. Mais au printemps, le sorbier renaquit sur sa souche. Il fut coupé encore, mais repoussa à nouveau. Année après année, il résista. Il est encore debout aujourd'hui et demeure le symbole de l'innocence du frère et de la sœur.

La cathédrale

Tout comme à Reykjavík, l'un des principaux centres d'intérêt de la ville est sa cathédrale, construite en 1940. Peu surprenant lorsque l'on sait que l'architecte est le même : Guðjón Samúelsson. L'église d'Akureyri n'a pourtant rien d'exceptionnel, à part ses beaux vitraux. L'un vient de la cathédrale de Coventry, en Angleterre, en partie détruite lors de la seconde guerre mondiale.

Les 4 quartiers

Búðargil, l'ancien centre-ville se développe autour de Laxdalshús. Une statuette de þórr y fut trouvée au siècle dernier, une découverte archéologique extrêmement importante.

Grófargil, le nouveau centre-ville, où se trouve l'église, est surtout connu pour ses anciennes fabriques (laiterie, détergeant, margarine et abattoirs) de la coopérative KEA, une grande marque islandaise dont le premier magasin fut ouvert à Akureyri en 1906.

Oddeyri, le port industriel, est l'ancien site du þing (assemblée parlementaire) du nord de l'Islande. Jón Ánarson, le dernier évêque catholique d'Islande, y fut condamné à mort avant d'être exécuté avec ses deux fils en 1550 à Skálholt.

Glerárhverfi, le "village", au nord la Glerá, la rivière qui traverse la ville. À l'origine, ce village se trouvait à l'extérieur de la ville. Au début du XXème siècle, les gens les plus pauvres y construisaient des maisons en tourbe, interdites dans l'enceinte d'Akureyri. En 1955, Glerárhverfi fut finalement rattaché à la ville, mais est toujours appelé "le village".


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Mývatn



Mývatn est un endroit unique au monde, grâce à sa faune et sa flore très riches. Ce lac s'étend sur 37km2 (le 4ème plus grand de l'île) et est alimenté par des sources souterraines, chaudes et froides. Sa particularité : être situé sur la dorsale atlantique, et donc, avoir une activité volcanique très intense (neuf éruptions lors de ces trente-deux dernières années).

Mývatn est situé à l'est d'Akureyri, un peu à l'intérieur des terres. Le climat y est particulièrement sec et chaud, malgré sa latitude. Les moustiques y pullulent lorsqu'il n'y a pas de vent, d'où son nom. Deux villes seulement le bordent, Reykjahlið au nord-est et Skútustaðir au sud.

Le lac Mývatn est également à la croisée de grandes routes migratoires, notamment pour les canards : s'y croisent quelques 28 espèces, dont 15 y nichent.

Historique

Avant 1967, les alentours du Lac Mývatn n'étaient que fermettes isolées. Reykjahlið n'existait pas encore. Jusqu'à ce qu'une usine de diatomite donne vie à la région. Le lac Mývatn regorge de diatomée, une algue brune, qui transformée, devient de la diatomite, un produit utilisé notamment dans l'industrie comme stabilisateur. Le lac artificiel de l'usine, couleur bleu lagon, est d'ailleurs visible depuis la route.

Dès 1964, la NASA avait coutume d'envoyer ses astronautes se préparer pour leurs missions lunaires en Islande. Particulièrement dans le secteur de Mývatn. Quand un journaliste demanda à Neil Armstrong à quoi ressemblait la Lune, il répondit : à l'Islande. L'aventure spatiale ne s'arrête pas là. Une mission de la Mars Society va s'implanter autour du lac, qui ressemblerait fort au sol martien, au tiers volcanique. Les scaphandres et tenues martiennes y seront testées.

Skútustaðir

Les pseudos cratères de Skútustaðir sont des cônes de tailles diverses, recouverts de gazon et surmontés d'un cratère fermé. Ce ne sont pas des volcans : ils doivent leur étrange forme au contact entre les eaux du lac Mývatn et une coulée de lave. En l'occurrence, ici, elle est appelée "jeune Laxá" (la Laxá est une rivière toute proche). Les pseudos cratères sont fréquents autour du lac, mais c'est à Skútustaðir qu'ils sont les plus nombreux.

Dimmuborgir

Les Châteaux Noirs de Dimmuborgir sont des formations naturelles de lave noire. Des colonnes aux formes chaotiques, parfois trouées, s'élèvent et forment un véritable labyrinthe. Ce sont en fait les restes d'un lac de lave figée. Ils s'étendent sur 2km.

Viti

Viti est un volcan historique. La zone volcanique de Mývatn est l'une des plus jeunes et des plus actives d'Islande. En 1724, le volcan Viti (enfer en islandais) explose. En deux jours, un cratère est construit. Durant cinq ans, l'activité volcanique est intense, et au total, 35km² sont recouverts de lave. Aujourd'hui, ce volcan est rempli d'un magnifique lac dont les couleurs bleutées forment un étonnant contraste avec les roches volcaniques ou sulfureuses alentours.

Volcan Krafla

Un peu plus haut se trouve la zone volcanique de Krafla, une caldeira large d'une dizaine de kilomètres, et comblée aujourd'hui par les laves. La vue sur la région environnante y est magnifique. Les volcanologues islandais considèrent que le volcan Krafla s'active tous les 300 ans. Les dernières éruptions eurent lieu entre 1724 et 1729, lorsque fut créé Viti.

Námafjall

Námafjall est situé sur l'autre versant de la colline qui surplombe Mývatn, à l'est. Námafjall, c'est-à-dire "la montagne de la carrière", est une vaste zone de sable, colorée par le souffre et des dépôts de diverses couleurs. Autrefois, la zone était une carrière exploitée par le Roi du Danemark.

Aujourd'hui, fumerolles et boues bouillonnantes ont pris possession du lieu. L'odeur de souffre y est omniprésente et contribue à l'atmosphère unique. Des jets de vapeur sulfatés s'élèvent et colorent la montagne de diverses nuances de jaune ocre. Les croûtes de boue cachent des bains bouillonnants dont la température peut atteindre 100°C. Gare au visiteur imprudent qui s'éloigne des sentiers balisés. Le spectacle est ahurissant de beauté et de désolation.



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Goðafoss



Aux chutes de Goðafoss, géologie et histoire s'entrecroisent pour donner au site une atmosphère unique. Les anciens Dieux scandinaves ne sont pas très loin. Les chutes de Goðafoss sont situées entre Akureyri et le lac Mývatn, sur le fleuve Skjálfandafljót. Ces chutes sont le point de départ de Sprengisandur, la plus longue des pistes qui traverse l'intérieur du pays.

Les idoles païennes

En l'an 1000, l'Islande décide de renoncer aux cultes païens et de se convertir au christianisme. Dans la plus pure tradition islandaise, la décision est collégiale, voté à l'Alþing. Pour symboliser l'abandon de ces rites, le chef de clan Þorgeir, de retour du Þing, décide de jeter dans ces impressionnantes chutes d'eau toutes les idoles païennes. Des chutes appelées depuis, Goðafoss, "la Chute des Dieux".

Description

Composées de trois rameaux, les chutes de Goðafoss font 12m de haut, 30 de large. La puissance des flots crée un nuage permanent de gouttelettes d'eau, rien de comparable cependant à ce que l'on peut voir à Dettifoss ou Gullfoss. Les orgues basaltiques situées sur les flans des chutes rappellent le caractère volcanique de la région. Le tout rend ce site particulièrement remarquable. Il est d'ailleurs l'un des plus touristiques de la région.


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Dettifoss



Majestueuse Dettifoss. Ces chutes sont les plus puissantes d'Europe et les plus impressionnantes d'Islande assurément. La nature s'y impose avec violence : flots tumultueux, désert lunaire et basalte rongé.

Les chutes de Dettifoss se situent au cœur des gorges de la Jökulsá, au nord est de Mývatn. Autour : le désert.

Quelques chiffres permettent de mieux assimiler le gigantisme de ces chutes : un débit de 500m3 par seconde, 45m de haut, 100m de large. Une brume d'humidité recouvre le tout.

Cette impressionnante cataracte est encadrée par deux autres chutes, accessibles après 30 minutes de marche à pied environ. En aval, Hafragilsfoss, 27m de haut. Des couleurs ahurissantes. Le chemin pour y parvenir est escarpé, difficile. Des cordes aident le visiteur courageux à descendre et à remonter. L'Islande se mérite.

La nature en Islande peut être majestueuse…et dramatique. Au XVIIème et XVIIIème, une vieille ferme, la ferme d'Ás, cohabitait tant bien que mal avec ses trois impressionnantes voisines. Cette ferme était l'une des plus grandes du pays à l'époque, l'une des plus prospères grâce à son bois de charpente et ses pâturages. Hélas, des crues à répétition ont eu raison du domaine et de ses terres fertiles. Elle fut définitivement désaffectée en 1816. Seul le vieux cimetière subsiste encore.

En amont, il faut longer la rivière, escaladant les rochers posés au hasard sur la rive. Rares sont ceux qui poussent leur visite jusque là, à tort. Selfoss est sans doute l'une des plus belles cascades d'Islande. Une multitude de petites chutes d'eau (d'une hauteur moyenne de 10m) s'étendent sur une centaine de mètres formant un arc de cercle. Chaque chute raconte sa propre histoire.


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Sources



Islande, Le Routard, Hachette.

Islande, Lonely Planet.

Islande, Guide Vert, Michelin.

Islande, Le Petit Futé.

Islande, Guide du Voyageur, Marcus, 2006.

Toutes les sources du site Toute l'Islande ici.


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