Reykjavík



Reykjavík est la capitale de l'Islande, la plus septentrionale du monde. Avec près de 120 000 habitants, elle est la seule grande ville du pays.Avec son agglomération, elle rassemble plus de 200 000 personnes, soit 62% de la population totale du pays.

Reykjavík se situe dans la baie de Faxaflói, au sud-ouest de l'Islande. Une région de criques, péninsules, détroits et petites îles. La plus grande partie de la ville de Reykjavík se situe elle sur la péninsule Seltjarnarnes. Une rivière traverse la ville : l'Elliðaá, un cours d'eau non navigable, réputé pour ses saumons.




Histoire de Reykjavík



La fondation de Reykjavík

De Norvège, ils ont entendu parler de cette terre vierge : "un pays ruisselant de lait et de miel". Riches à foison depuis leur dernière expédition, Ingólfur Árnason et son frère-juré Hjörleifur Hródmarsson ont toutefois perdu toutes leurs terres, condamnés par le þing après un double-meutre. Les deux compères quittent la Norvège et naviguent vers le nord. Ils débarquent au sud-est d'une île, l'explorent un peu les environs, la jaugent et s'y installent avec femmes et enfants. Avant de poser bagages, ils rentrent en Norvège, vendent tout ce qu'ils ne peuvent embarquer, et repartent direction leur nouvelle vie, en Islande.

Si Hjörleifur Hródmarsson est assez libéral au niveau religion, Ingólfur lui est un fervent adorateur des Dieux païens. Comme le veut la tradition, il jette donc les montants en bois de son haut-siège sacré. Là où ils seront rejetés par la mer, il s’installera. En attendant, Ingólfur Árnason débarque près de l'actuel Parc National de Skaftafell, son compagnon plein sud, près de l'actuel Vík.

Lorsque les esclaves de Hjörleifur Hródmarsson se rebellent et l'assassinent, Ingólfur Árnason les pourchasse et les tue jusqu'au dernier. Désormais, il est seul. Avec les femmes et ses propres esclaves toutefois. Progressivement, Ingólfur Árnason se rapproche de l'ouest de l'île. Un jour, l'un de ses esclaves retrouve les montants de la chaise haute, échoués dans un fjord. L'activité géothermique y est intense. Partout, des fumeroles dégagent des filets de fumée blanche. Ingólfur Árnason l'appelle la baie des fumées, Reykjavík. Pour la première fois, un homme et sa famille s'installent en Islande. Il est le premier colon. Nous sommes en 874.

Au temps d'Árbær

De 874 au XVIIIème siècle, Reykjavík n'est qu'un espace parsemé de quelques fermes. L'une d'elle, légèrement à l'intérieur des terres, est occupée par des gens pauvres. La terre est médiocre, l'espace petit. Au XVème siècle, les sources la mentionnent pour la première fois sous le nom de Árbær. Elle est alors propriété des moines de Viðey, une île située en face dans le fjord.

En 1550, la Réforme provoque un séisme. Les moines perdent tout. La ferme revient au représentant du Roi danois. L'oppression sur le petit peuple est plus forte que jamais. Les temps sont durs et les richesses réduites. Outre leurs travaux personnels, les fermiers doivent travailler pour le roi danois, pêcher, participer à la fenaison, etc. En aucun cas, ils n'ont le droit de pêcher pour eux les saumons de la rivière proche.


"Le pré est méchamment rocailleux et inégal. Le pâturage est très petit... la tourbe suffisante pour la construction des bâtiments est en voie de manquer pour faire du feu "

Cadastre 1703-1707 ; Árni Magnússon - Páll Vídalín.


En 1704, Árbær cesse d'être une ferme comme les autres. Elle est occupée par deux familles. D'un côté Sæmundur Þórarinsson, avec sa femme Steinunn et ses 3 enfants. De l'autre, Sigurður Arason et sa mère. Steinunn et Sigurður tombent amoureux. La femme demande alors à son amant d'éliminer son mari. Un jour de sortie pêche, Sigurður frappe Sæmundur par derrière et le pousse dans la rivière. Il signale alors la disparition de son voisin. Malheureusement pour lui, le corps est retrouvé le lendemain. Il ne ressemble pas au corps d'un noyé. Sæmundur est mort sur la terre ferme. Pressé de questions, et de rumeurs, Sigurður fini par craquer. Il avoue le meurtre. Il est condamné à mort, ainsi que Steinunn. Les deux amants sont exécutés à Kópavogur, non loin de là. L'un décapité, l'autre noyée. Mais comme disent les annales : les deux se repentirent bien et moururent bien. Une histoire digne des plus grandes sagas.

La nouvelle capitale

Au milieu du XVIIIème siècle, Reykjavík demeure un minuscule hameau, étouffé par son puissant voisin Bessastaðir (situé sur la péninsule juste au sud), siège du gouvernement danois.

Un homme va changer la donne et faire de Reykjavík la plus grande ville islandaise. Skúli Magnússon (1711-1794) est le premier islandais nommé gouverneur de l'île en 1749. Il va modifier les rapports avec les Danois. N'hésitant pas à aller à la confrontation, il réussit à négocier des mesures pour un commerce équitable. Mais il veut aller plus loin en améliorant nettement la vie de ses compatriotes, notamment en développant l'industrie locale.

Le Roi le soutient dans sa démarche et lui offre des terres à Reykjavík. Dès 1752, le petit village rural voit s'implanter des ateliers de tissage, de tannage, de production de lignes de pêche ainsi que de sel et de sulfates. Skúli améliore la productivité des fermes. Les pommes de terres vont être introduites pour la première fois sur l'île en 1758. Trente ans plus tard, 167 habitants peuplent Reykjavík, désormais une ville.

En 1798, Reykjavík devient le centre de l'Islande. Le parlement quitte Þingvellir pour s'y installer. Reykjavík devient de facto la capitale. Deux ans plus tard, l'Alþing est dissout. Il faudra attendre 48 ans, 1848, pour qu'il soit restauré et installé de manière définitive sur les bords de la baie des fumées. La population atteint désormais près de 1000 habitants.

1874, Reykjavík entre dans une nouvelle ère. L'Islande fête les 1000 ans de la colonisation. Des célébrations majestueuses sont organisées. À cette occasion, le Roi du Danemark fait le déplacement et offre une petite autonomie au pays avec une nouvelle constitution. Le nouveau gouvernement danois s'installe à Reykjavík.

À cette époque, le pays est en pleine expansion. Partout, des écoles ouvrent. Un phare est construit sur la péninsule de Reykjanes, au sud de Reykjavík. Le premier hôpital du pays s'implante dans la capitale en 1866. Ponts et routes se construisent. La population croît de manière exponentielle. En un siècle, Reykjavík gagne 5000 habitants.

Au début du XXème siècle, en 1906, Reykjavík met en place une ligne de télégraphe qui la lie à Akureyri et Seyðisfjörður. Cette dernière étant elle-même reliée aux Féroé, et donc au continent. L'Islande s'ouvre au monde. À l'orée de la première guerre mondiale, Reykjavík est sans conteste la capitale omnipotente de l'Islande avec 11 000 habitants (1910).

L'Islande est en marche vers son indépendance.

Le royaume d'Islande

Même si elle n'est pas au cœur des affrontements, l'Islande souffre de la Première Guerre Mondiale. Elle est abandonnée par un Danemark occupé et forcée de vendre son poisson au plus bas prix au Royaume-Uni. En 1917, l'île connaît un hiver des plus rugueux.

En 1918, le gouvernement islandais obtient du Danemark une autonomie. Les deux pays signent l'Union Act : le Royaume d'Islande, membre de la couronne du Danemark, est proclamé le 1er décembre 1918. À cette occasion, une cérémonie est organisée à Reykjavík. Symboliquement, le drapeau danois est enlevé du siège du gouvernement, remplacé par le drapeau islandais. L'Islande est désormais maîtresse de son destin. Seules les affaires étrangères restent aux mains de la couronne danoise.

Dans l'entre-deux-guerres, l'Islande doit, comme tout pays européen, se reconstruire économiquement. Pour donner un nouvel élan à l'atout maître de son économie, la pêche, le port de Reykjavík est modernisé. L'Islande découvre la congélation du poisson.

C'est également l'époque des premières automobiles. Il y en a environ 300 à la capitale. Petit à petit, l'Islande sort de la misère et rattrape son retard sur les pays continentaux. En 1937, une nouvelle étape est franchie avec la première liaison aérienne : Reykjavík-Akureyri. C'est le début d'Icelandair, la plus grande compagnie aérienne islandaise.

La Seconde Guerre Mondiale va bouleverser la vie des Islandais. Le 10 mai 1940, un navire militaire mouille en face de Reykjavík. Les Anglais débarquent. Ils veulent protéger l'Islande et empêcher les Allemands de prendre pied sur cette terre à haute valeur stratégique. La population accueille ces nouveaux venus, bien que les soldats soient bientôt aussi nombreux que les habitants dans Reykjavík.

Très vite, les alliés améliorent de façon substantielle les infrastructures islandaises, notamment dans la capitale : routes, baraquements, aéroports, etc. Non seulement l'Islande se modernise, mais le chômage disparaît presque du jour au lendemain. Les Anglais finissent par passer le témoin aux USA en juillet 1941. Avec eux, des bulldozers, des jeeps et beaucoup d'argent. Ils s'installent à Keflavík, non loin de la capitale.

Le gouvernement doit, lui, gérer la guerre. L'indépendance se profile en même temps qu'une relative instabilité politique. Finalement, le 17 juin 1944, après un référendum, l'Islande proclame son indépendance. Reykjavík devient la capitale de la nouvelle république islandaise.

Après l'indépendance

Après la guerre, la nouvelle république se met en place doucement, relance son économie et entre de plain-pied dans le monde moderne. En 1949, elle va connaître sa première grosse crise .

Les Islandais prêche en grande majorité pour que leur pays reste neutre. La présence sur leur sol de soldats américains, même après la fin de la guerre, faisait déjà grincer beaucoup de dents. L'adhésion à l'OTAN va créer des émeutes. Au moment du vote par le parlement, des manifestants de gauche contre l'adhésion se heurtent aux militants de droite pro-OTAN à l'extérieur du bâtiment. Lorsque quelques "anti" jettent des œufs et des pierres sur l'Alþing, c'est l'escalade. Une bagarre générale éclate. Toute la nuit, Reykjavík est le théâtre de ces affrontements entre manifestants et police, sans grands dommages toutefois. Quelques émeutiers sont arrêtés et emprisonnés. Cette journée restera comme une cicatrice dans l'Histoire de la République d'Islande.

Seize ans plus tard, les rues de Reykjavík sont une nouvelle fois envahies, cette fois par des milliers de femmes. Le 24 octobre 1975, elles font grève et défilent dans les rues de la capitale. Toutes cessent le travail pour montrer leur influence sur la vie économique du pays. L'expérience est un succès et sera répétée 10 ans plus tard, jour pour jour. À ce moment là, Vigdís Finnbogadóttir est présidente de la république depuis 5 ans.

Reykjavík grandit. L'exode rural est très fort dans le pays, la capitale peine à absorber toute la population qui vient s'y installer. Les banlieues s'étendent. Entre 1940 et 1960, sa population double, passant de 38 000 à plus de 70 000. Le cap des 100.000 est franchi au début des années 1990. Aujourd'hui, Reykjavík compte 120 000 habitants. La ville a gagné plus de 100 000 habitants en moins d'un siècle. Elle est désormais une véritable capitale, qui tient son rang dans le concert des nations. Pour preuve, le sommet organisé entre Reagan et Gorbatchev en 1986 dans la Maison Hofði. Une rencontre capitale pour le dégel des relations américano-russes en cette fin de guerre froide.

Quatorze ans plus tôt, russes et américains s'étaient déjà rencontrés en Islande. En 1972, Boris Spassky et Bobby Fisher disputent le championnat du monde d'échecs. "Le match du siècle" et le dernier championnat du monde officiel de Bobby Fischer. Poursuivi par la police de son pays depuis le début des années 1990, il trouve refuge en Islande en 2005 pour finalement y mourir en janvier 2008, après avoir obtenu la nationalité islandaise.



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Les sites de la ville



Hallgrímskirkja

Imaginée par Guðjón Samúelsson, célèbre architecte islandais, la construction de la cathédrale sur la colline Skólavörduholt débute en 1945, pour ne se terminer qu'en 1974. L'inauguration aura lieu douze ans plus tard, en 1986.

Les orgues basaltiques lui inspirent cette architecture si particulière : une flèche dégradée, au béton découpé, comme la nature découpe le basalte.

La plus grande église d'Island (74,5 mètres de haut) est baptisée Hallgrímskirkja, "église d'Hallgrímur", hommage au grand poète du XVIIème Hallgrímur Pétursson.

L'intérieur de l'église luthérienne est sobre, mais la luminosité intense. Les vitraux jettent une lueur colorée sur la nef au plafond voûté immense. Depuis 1992, un orgue Klais de 25 tonnes et 15 mètres de haut domine le tout avec ses 5275 tuyaux.

Au sommet, juste sous le clocher, un incroyable point d'observation des toits de Reykjavík et du fjord tout proche. Plus centrale et plus haute que le Perlan, la cathédrale offre sans nul doute le plus beau panorama.

Sur le parvis, la statue de Leifr Eríksson se dresse. Cette statue de bronze a été offerte par les États-Unis à l'Islande en 1930, pour le millénaire de la création de l'Alþing. Elle se dressait là avant même que l'Hallgrímskirkja soit construite.

La cathédrale représente aujourd'hui le cœur de la capitale, son point central, visible de partout. Son architecture détonne et la fait connaître de par le monde.

Le cimetière

Un îlot vert, rue Suðurgata (la rue du sud), à deux pas du lac Tjörnin. Le vieux cimetière de Reykjavík est l'endroit le plus boisé de la capitale. Les tombes en vieilles pierres s'y confondent souvent avec les arbres.

Depuis 1838, entouré de grilles en fer forgé, sur le flanc d'une petite colline, ce cimetière offre à ses visiteurs cette sensation d'être hors du monde. Entouré par le silence des arbres et par des pierres tombales centenaires, souvent gravées de runes. Dans la partie la plus ancienne, les chemins finissent par disparaître sous les tombes, qui elles-même disparaissent sous la végétation.

Ce cimetière est connu en France pour sa stèle commémorative en l'honneur des pêcheurs français venus exploiter les richesses islandaises et qui n'ont jamais revu leur terre natale. L'artiste Ríkarður Jónsson a gravé, en français et en islandais, dans la pierre en 1952 quelques mots du livre de Pierre Loti "Pêcheurs d'Islande".

"Il ne revint jamais. Une nuit d'août, là bas, au large de la sombre Islande, au milieu d'un grand bruit de fureur, avaient été célébrées ses noces avec la mer"

Plusieurs marins français sont enterrés sous la stèle. Disséminées au cœur de centaines de tombes quasi-anonymes, aux épitaphes élimées, quelques grands noms islandais se détachent, notamment Jón Sigurðsson, grand indépendantiste.

Ce cimetière de Hólavallagarður est une parenthèse paisible. Autour, les petites maisons aux toits multicolores prolongent cette paix et ce calme ambiant. À seulement quelques centaines de mètres de là, la vie urbaine reprend son cour.

Le lac Tjörnin

Le centre du centre de Reykjavík. Balade privilégiée de nombreux Islandais et touristes, abri naturel pour nombres d'oiseaux, patinoire au grand air l'hiver, le lac Tjörnin, c'est-à-dire "l'étang", est véritablement le poumon de la capitale.

Au sud, l'aéroport de la ville de Reykjavík, qui dessert principalement des destinations domestiques. À l'ouest, le vieux cimetière de Reykjavík. Au nord, la nouvelle mairie. À l'est, une petite église et la cathédrale Hallgrímskirkja.

Le lac Tjörnin est réputé pour les centaines d'oiseaux qui viennent y trouver refuge été comme hiver. Canard colvert, oie cendrée, cygne chanteur, fuligules milinouinan et morillon, sterne arctique, eider à duvet, etc. En tout, une quarantaine d'espèces. L'hiver, une partie du lac est même dégelée grâce à la chaleur géothermique pour permettre à certaines espèces de venir se reposer sur les eaux. Le Tjörnin est sans nul doute l'endroit le plus simple pour observer et étudier les oiseaux islandais.

Au début des années 90, le lac se retrouve au cœur d'une polémique. En cause : la nouvelle mairie. Inauguré en 1992, le bâtiment est loin de faire l'unanimité. Monté sur d'innombrables et immenses pilotis de béton, totalement gris, la mairie ne passe pas inaperçue dans un quartier réputé pour le charme de ses maisons multicolores.

Le tour du lac ne prend que quelques dizaines de minutes. En prenant son temps. Sur la rive ouest, les maisons traditionnelles en tôle donnent un cachet particulier à l'endroit. Sur la rive est, un peu plus de circulation. Mais l'église toute en bois, blanche au toit vert, est sans doute l'une des plus belles d'Islande.

Laugavegur

Laugavegur, chemin des sources chaudes, doit son nom aux femmes qui descendaient la rue pour laver leur linge dans une source chaude située aux alentours.

Laugavegur est l'une des rues les plus anciennes de la capitale. 300 mètres de long, coincée à fleur de colline entre mer et cathédrale. Laugavegur aujourd'hui vit par et pour le shopping le jour, par et pour les bars la nuit. Avec l'ouverture de centres commerciaux à la périphérie de la ville, la rue a perdu de son omnipotence, mais sa réputation perdure, surtout pour les touristes étrangers.


Les Islandais eux, voient Laugavegur différemment. La rue fait partie du "runtur", comprenez le circuit. Tous les samedis soirs, les jeunes Islandais prennent le volant et roulent au pas dans les rues de Reykjavík. Le seul embouteillage d'Islande, répété inlassablement semaine après semaine. Ce petit tour fait partie de la vie sociale. Laugavegur en est le centre.

Laugavegur se vit plus qu'elle ne se visite. Elle est le passage obligatoire des touristes pour faire les boutiques et ramener des souvenirs.


Sólfarið

Sur les quais Sæbraut, trône une sculpture monumentale signée Jón Gunnar Árnason (1931-1989). Toute en acier, haute de plus de trois mètres, longue de quatre, Sólfarið, c'est-à-dire, le voyageur du soleil, fait face à la baie de Faxaflói depuis près de 20 ans.

Après l'Alþing, la cathédrale, le lac Tjörnin, voici l'un des passages quasi-obligatoires pour tout touriste visitant Reykjavík. Il est vrai que le tout subjugue littéralement. Certes, l'esthétique de la statue à de quoi surprendre. Cependant, la lumière du nord, et notamment la lumière du soleil de minuit, sublime Sólfar, en se reflétant sur son acier poli.

Sólfarið est censé représenter un bateau viking, un de ceux qui permirent à Ingólfur Árnason et consorts de rallier l'Islande et la coloniser il y a un peu plus de 1000 ans. Mais confronté à la beauté de la baie et aux lumières extraordinaires qui baignent l'Islande, tout le monde peut laisser son imagination prendre le dessus : baleine désossée, insecte géant à 10 pattes ou bateau fantôme. …

Jón Gunnar Árnason ne put voir son œuvre installée sur le front de mer. Il mourut deux ans avant l'inauguration.

L'hôtel Borg

1930, un champion de glíma, Jóhannes Jósefsson donne vie à son rêve art-déco, dans un Reykjavík en pleine mutation. Il investit dans la construction de l'Hôtel Borg. Le luxe made in Iceland attire les célébrités, notamment Marlène Dietrich ou le roi du Danemark. Les troupes américaines envoyées en Islande dans les années 40, viennent y danser les samedis soir. L'hôtel Borg est au centre de la vie sociale de Reykjavík.

En 1960, Jóhannes Jósefsson prend sa retraite, et s'éloigne de son hôtel. C'est le déclin. Trente ans durant, l'Hotel Borg n'est plus que le fade reflet de ce qu'il était. En 1990, un couple de passionnés d'art-déco le rachète, le rénove et lui redonne son lustre d'antan.

Aujourd'hui, l'Hotel Borg, quatre étoiles, est à nouveau un hôtel de luxe, art-déco teinté de classicisme scandinave. Tout est fait pour préserver l'atmosphère des années 30, jusqu'aux clés des chambres.

Bien sûr, le luxe a un coût, surtout en Islande. Il faut compter plus de 300€ pour la plus simple des chambres doubles, plus de 1200€ pou la suite de luxe.

Le Perlan

Ce dôme à l'architecture très moderne surplombe la ville de Reykjavík. Originellement une réserve d'eau chaude, le Perlan (la perle) est aujourd'hui également un restaurant chic, un musée, une salle de concert, un magasin de souvenirs, avec cette petite touche touristique qui fait la différence : un geyser artificiel plus vrai que nature.

À la fin des années 1980, sur cette colline, nommée Öskjuhlíð, qui jouxte l'aéroport urbain de Reykjavík, six énormes réservoirs stockent l'eau chaude destinée aux habitants. En 1991, ils sont modernisés. Mais pas seulement. Tout l'espace est aménagé pour former un bâtiment hors-norme. Plus de 25 mètres de hauteur, 20 000 mètres cube, 1176 panneaux de verre, 3005 spots de lumière et 176 000 arbres plantés sur la colline. Une structure hémisphérique en verre forme le toit. La Perle est née de l'imagination de Ingimunður Sveinsson et a été en grande partie financée par la mairie de Reykjavík.

Le défi est gigantesque. Mais le 21 juin 1991, le Perlan ouvre ses portes et devient l'un des centres de la vie culturelle de Reykjavík.

Le Winter Garden, au rez-de-chaussée, accueille régulièrement des expositions. Occasionnellement, il sert de salle de concert. Au sous-sol, un musée, le Saga Museum, retrace les temps médiévaux, notamment avec des reproductions grandeur-nature en silicone des grands personnages qui ont fait l'Histoire islandaise.

Tout en haut, la terrasse offre au visiteur une vue panoramique exceptionnelle sur la ville de Reykjavík. Au loin se devinent les grands buildings du port, la cathédrale, le lac Tjörnin et la mairie. Reykjavík n'est jamais aussi belle que vue d'en haut. Ses toits multicolores forment un patchwork arc-en-ciel au charme indéniable.

Mais le joyaux du Perlan se situe à l'extérieur, au cœur des arbres qui entourent le bâtiment. Presque trop caché, un faux geyser jaillit à intervalle régulier, sous l'œil incrédule de nombreux touristes. Il est nommé Strokur, avec un k, allusion très claire au fameux Strokkur, le geyser le plus célèbre d'Islande, situé à une centaine de kilomètres de là. Le jet est puissant, fort, au bruit assourdissant.

Au fil des années, le Perlan est devenu également une vraie petite entreprise. Le restaurant est l'un des plus chics de la ville, et est par conséquent hors de prix. Le magasin de touriste juste à côté de la terrasse panoramique dénature un peu de la magie du lieu.

L'Alþing

Conçu par un architecte danois, Ferdinand Meldahl, le parlement islandais reste simple : relativement petit (un étage seulement) et sobre, il est construit en pierre de lave, ce qui donne aux murs sa couleur noire. Les pierres ont fait le court voyage depuis la colline Skólavörduholt, surplombée aujourd'hui par la cathédrale Hallgrímskirkja, jusqu'à la place Austurvöllur. Cette place est sans doute la plus chargée d'histoire de Reykjavík. Elle abrite la statue de Jón Sigurðsson, un homme politique qui joua un grand rôle dans la reconquête de l'indépendance au XIXème siècle.

Des bas-reliefs ornés d'esprits protecteurs surplombent chaque fenêtre de la façade : un géant, un oiseau, un taureau et un dragon.

L'Alþing est avant tout un bâtiment public. L'assemblée s'y réunit pour ses sessions parlementaires : 63 députés sont élus tous les quatre ans pour représenter le peuple. Ils détiennent le pouvoir législatif, tout comme en France, mais également le contrôle financier. Toutes les dépenses de l'État sont ainsi rendues publiques.

L'Alþing a voté certaines des plus importantes décisions de l'histoire de l'Islande comme le vote à bulletin secret en 1908, le droit de vote des femmes en 1915, et surtout, la proclamation de la République d'Islande le 17 juin 1944. Une indépendance proclamée symboliquement à Þingvellir, le site fondateur de l'Alþing.

La maison Hofði

Novembre 1986, l'Islande devient le centre du monde. Gorbatchev et Reagan se retrouvent sur les berges de Reykjavík pour un sommet d'importance mondiale. La planète est toujours coupée en deux par la guerre froide et les deux grands maîtres du monde se retrouvent dans la capitale du nord pour discuter désarmement nucléaire.

Pour cela, les voilà rassemblés dans une mignonne petite maison de bois, façade blanche, toit gris, pelouse verte, face à la mer. La Maison Hofði.

Construite sous les ordres du consul de France en 1909, cette maison est présumée hantée. Des personnes auraient été aperçues marchant dans les couloirs, ou regardant à la fenêtre. Alors que la maison était bien sûr censée être vide. Pour les Islandais, qui croient au surnaturel, cette réunion ne pouvait donc qu'échouer. Ils avaient d'ailleurs raison. Elle n'aura duré que onze heures avant la rupture totale des négociations.

En 1986, cette maison est donc passée à la postérité. Sortie de nulle par pour retomber dans l'oubli immédiatement. Un espoir de reconnaissance ? Un film serait en préparation pour refaire vivre cette rencontre historique. Derrière la caméra, Ridley Scott, avec comme acteur principal Mickaël Douglas.


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Les plans de la ville



En 1786, Reykjavík ne compte encore que 300 habitants, soit 1% de la population totale de l'île. Mais elle devient à cette époque un carrefour commercial de premier plan entre l'Islande et le Danemark. Le village devient ville, à l'époque la seule ville d'Islande. Le déplacement de l'Alþing, le parlement, en 1898 en fait officiellement la capitale.

Plan en 1786

Plan en 1801

Plan en 1836

Plan en 1876



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Sources



Islande, Le Routard, Hachette.

Islande, Lonely Planet.

Islande, Guide Vert, Michelin.

Islande, Le Petit Futé.

Islande, Guide du Voyageur, Marcus, 2006.

Site de Reykjavík

Site de la cathédrale de Reykjavík

Toutes les sources du site Toute l'Islande ici.


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