Sud-ouest de l'Islande




Du fait de la position de la capitale, Reykjavík, le sud-ouest de l'Islande est une des régions les plus visitées du pays. Bien sûr, il y a le cercle d'or avec Thingvellir chargé historiquement et géologiquement, et Geysir et Gullfoss, chutes d'eau impressionnantes. Mais la région regorge d'autres surprises. D'autre chutes, différentes, à Hraunfossar, un voyage au coeur des sagas avec Skalholt, Reykholt et Borgarnes, et un voyage au coeur des volcans avec ces mêmes villes et surtout le Snæfellsnes.




Snæfellsnes



Cette péninsule, aux côtes vertes et à l'intérieur montagneux et volcanique, est magique. Presque mystique par endroit. Tout au bout, le Snæfellsjökull servit d'entrée à Jules Verne pour son Voyage au centre de la terre. Un parc national, créé en 2001, protège la beauté des lieux. Ici, la nature règne en maître.

Localisation

Plein ouest, la péninsule pointe son doigt vers le Groenland et les Amériques. Un chemin d'ailleurs suivi par Erík le Rouge il y a environ 1000 ans. Reykjavík est loin au sud, même si par beau temps, les hauteurs des montagnes volcaniques du Snæfellsnes peuvent être aperçues depuis la capitale.

Au nord, la péninsule abrite un fjord, le Breiðafjördur, moucheté de plus de 2500 îles, parmi lesquelles Flatey.

Le troll Bárðar

Le troll Bárðar fut le premier habitant du Snæfellsjökull. Il y vivait avec ses trois filles. Un jour, par accident, une de ses filles est emportée par un iceberg. Elle aurait débarqué au Groenland dans la colonie d'Erík Le Rouge. Bárðar prend très mal la disparition de sa fille et pourchasse les deux garçons présumés responsables de l'accident. L'un deux, Rauðfeldar, est rattrapé par le troll qui le pousse dans un précipice. Ce dernier porte désormais son nom. Le second, Arnar, est jeté du haut d'une falaise désormais appelée Arnarstapi. Pris de remord, Bárðar s'exila dans une grotte au pied du glacier. Aujourd'hui encore, son nom est maudit.

Le Snæfellsjökull

Le joyau de la péninsule. Souvent appelé le Fujiyama islandais, car de loin, sa calotte glaciaire lui donne des faux-airs du mont Fuji. D'ailleurs, comme son homologue japonais, le Snæfellsjökull est réputé détenir des pouvoirs ésotériques et mystiques. Il est considéré comme l'un des sept chakras, ou points d'énergie, de la planète.

Le Snæfellsjökull est à la fois volcan et glacier. Il fait 1448m de haut. Sa calotte de glace, qui malheureusement se réduit chaque année (11km² à l'heure actuelle), cache l'entrée du cratère, profond de 200m. Le volcan est inactif depuis plus de 2000 ans.

La première ascension du Snæfellsjökull eut lieu en 1754. Aujourd'hui, avec l'aide d'un guide, grimper au sommet du volcan est monnaie courante. La vue vaut le détour : entouré par l'océan, surplombant le plus beau glacier d'Islande. Parfois, un curieux arc-en-ciel circulaire accueille les visiteurs.


"Je voyais les vallées profondes se croiser en tous sens, les précipices se creuser comme des puits, les lacs se changer en étang, les rivières se faire ruisseaux. Sur ma droite se succédaient les glaciers sans nombre tels les pics multipliés, dont quelques-uns s'empanachaient de fumées légères. Les ondulations de ces montagnes infinies, que leur couche de neige semblait rendre écumante, rappelaient à mon souvenir la surface d'une mer agitée. Si je me retournais vers l'ouest, l'Océan s'y développait dans sa majestueuse étendue, comme une continuation de ces sommets moutonneux. Où finissait la terre, où commençaient les flots, mon œil le distinguait à peine."

Jules Verne, Voyage au centre de la terre

Búðir

Moment d'exception. Seule, sous les vents de l'Atlantique qui fouettent le plateau, l'église noire de Búðir (construite en 1987). Rien d'autre si ce n'est le silence. L'église d'une sobriété et d'une beauté rare se détache sur les sables clairs et sur les violets des montagnes qui l'entourent.

Les colonies de phoques

Non loin de Búðir, les plages de sable respirent la tranquillité. Un havre de paix idéal pour les colonies de phoques. En petits groupes, toujours méfiants, mais pourtant curieux dès qu'un visiteur s'approche, les phoques se prélassent au soleil de minuit. Les minuscules îlots de rocaille volcanique qui bordent les côtes leur offrent autant de refuges.

Arnarstapi

Entouré par les laves, ce petit port de pêche succombe comme les autres au mysticisme environnant. Des elfes sont réputés habiter pas loin, près d'un lac. Des falaises noires tombent dans la mer couvertes de mouettes. Parfois leur basalte est troué par l'érosion de la mer : la superbe arche appelée Gatklettur, située à l'ouest du port, mérite à elle seule le détour.


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Þingvellir



Un pas dans l'Histoire. Þingvellir est le symbole de l'Islande indépendante. À Þingvellir ont été proclamées, débattues, adoptées, les lois islandaises au Moyen-Âge. À Þingvellir étaient jugés puis exécutés les criminels islandais. À Þingvellir a été proclamée l'indépendance de l'Islande, un certain 17 juin 1944.

Localisation

Un grand plateau, bordé d'un lac (Þingvallavatn, 83km, le plus grand d'Islande), transpercé par des failles du rift Médio-atlantique. La renommée de Þingvellir tient tout autant par l'histoire que par la géologie. Il est avec Surtsey, le seul site islandais inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Premier Parc National d'Islande, Þingvellir est tout proche de Reykjavík. Quelques dizaines de kilomètres tout au plus. Pure coïncidence : jamais Þingvellir Parlement islandais n'a côtoyé Reykjavík la Capitale.

La faille médio-Atlantique déchire l'Islande en deux. À Þingvellir, la faille affleure. Le parc est l'un des seuls endroits où la scission entre la plaque américaine et la plaque eurasienne, autrement dit le Rift, est visible. De longues entailles parsèment le plateau, toutes parallèles les unes aux autres. Þingvellir est un paradis pour géologues.

Histoire

930, la colonisation prend fin en Islande. Les colons décident de se doter de lois. Ulfljotr revient de Norvège. Suivant ses conseils, l'Alþing est créé. Le site de Þingvellir est choisi. La faille Almannagjá (la faille de tous les hommes), plus particulièrement, abrite le parlement islandais. À cet endroit précis, le son est si amplifié que tous entendent les orateurs sans difficultés.

Almannagjá est la plus grande faille du pays : 7,7 km de long. Ici, le tourisme est omniprésent. Des cars débarquent des centaines de personnes, appareils photos en main, qui remontent à pied la faille. Si le lieu a un certain charme, l'Histoire est peu mise en valeur. À peine un drapeau islandais flotte-t-il là où l'indépendance a été proclamée.

Pourtant, Þingvellir est d'une importance capitale. Dès le retour d'Ulfljotr, elle accueille une fois par an, en juin, les bœndr islandais. Y seront débattues des questions d'ordre juridique, économique et judiciaire. Y sont également célébrés, en marge, les mariages.

Þingvellir devient alors le symbole de l'Islande indépendante. Entre 1271, date de la prise de pouvoir norvégienne en Islande, et 1798, le parlement continue à se rassembler à Þingvellir, même avec des pouvoirs considérablement réduits.

Au XVIIIème, la couronne danoise décide de supprimer l'Alþing. L'Histoire de Þingvellir aurait pu s'arrêter là. Lorsque l'Islande recouvre un semblant d'autonomie, un nouveau parlement est institué, basé à Reykjavík, dans une bâtisse en pierre de lave. Mais l'islandais n'a pas la mémoire courte. Fier de son héritage, le parlement islandais proclame l'indépendance le 17 juin 1944, à Þingvellir. À l'endroit exact où se réunissait l'assemblée médiévale.

Aujourd'hui, le site est un des plus touristiques d'Islande.

Les vestiges des búð

Les búð sont les seuls vestiges historiques des temps médiévaux à Þingvellir. Les bœndr venaient assister au Þing une semaine durant. Chaque année, ils installaient leur baraquement (búð), leur tente, au-dessus d'une base solide, faite de pierre, qu'ils conservaient. Ces fondations existent toujours et sont dispersées autour du site.

L'Öxará

La rivière de Þingvellir. Peut-être la rivière la plus célèbre d'Islande. Elle sillonne l'Almannagjá avant se jeter dans le lac. Lac à la triste réputation. C'était dans cette mare qu'étaient noyées les femmes condamnées à mort par l'Alþing. La splendide cascade justement nommée Öxarárfoss permet d'oublier quelque peu ces zones sombres de l'Islande médiévale.

La petite église

Un pan d'histoire littéraire cette fois. C'est près de cette petite église, aux murs blancs et toit bleu, que se déroule en partie l'action du livre de Halldór Laxness, La Cloche d'Islande. Cette chapelle fait partie du Parc National. Le tintement de la cloche s'entendait jusqu'au lieu de l'Alþing et accompagnait les condamnés à mort. À proximité se trouvent les tombes des grands poètes Einar Benediktsson et Jónas Hallgrímsson.


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Geysir et Gullfoss



À peine 5 kilomètres séparent ces deux hauts lieux touristiques islandais. Ici, l'eau règne en maître. Jaillissant du sol, soufrée et brûlante ou se déversant dans une gorge de 70 mètres de profondeur.

Geysir est le geyser originel. De 10 000 ans d'âge, tous les geysers du monde lui doivent leur nom. Un simple cratère dans le sol craquelé. Et, régulièrement, des jets d'eau impressionnants.

Gullfoss

Les chutes d'or. Elles doivent leur nom à l'arc en ciel qui enjambe les gorges les jours de beau temps. Moins impressionnantes que Dettifoss ou Goðafoss, les chutes de Gullfoss sont néanmoins les plus accessibles, et donc, les plus visitées. De 32 mètres de haut et d'un débit de 130m3 par seconde (contre 500 pour Dettifoss) en été, les chutes plongent dans des gorges de 2,5 kilomètres de long. Deux chutes en fait, très larges, perpendiculaires l'une par rapport à l'autre.

L'humidité y est bien sûr omniprésente. Même les jours de beau temps, tout visiteur s'aventurant sur les berges des chutes en ressort immanquablement trempé.

Au début du siècle dernier, une femme consacra sa vie à la défense de ces chutes. Sigríður Tómasdóttir, née dans une ferme toute proche dans les années 1870 et fille du propriétaire de Gullfoss. Lorsque des investisseurs veulent transformer le site en centrale hydroélectrique, Sigríður Tómasdóttir décide de se rendre à pied à Reykjavík (120 km), pour défendre sa cause. De désespoir, elle menace de se jeter dans les chutes. Un combat gagné. L'État islandais rachète lui-même le site, afin de le protéger.


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Skálholt



Hier, Skálholt était la capitale islandaise, à tous les niveaux. Aujourd'hui n'y reste qu'un ultime vestige de ces temps d'influence : une massive église. Des pans de l'histoire islandaise se sont joués ici. Mais au XVIème, la Réforme mit fin au rayonnement de l'évêché. De la petite ville prospère des temps médiévaux subsistent seulement quelques maisons et un centre culturel important. À Skálholt comme à Reykholt, tout est fait pour mettre en avant l'Histoire du lieu.

Skálholt est située non loin de Þingvellir. Deux bornes en pierre sculptée relient ces deux hauts-lieux de l'Histoire islandaise. Autour, une zone géothermique intense.

Historique

Le hameau de Skálholt a été fondé en 1056 par un prêtre, Ísleifur, fils de Gissur le Blanc. Après la construction sur ces terres de la première église du pays, le hameau devient évêché, et de facto, capitale de l'Islande. Capitale religieuse bien sûr, mais également culturelle et politique.

Au XIIème siècle, une grande cathédrale en bois y est construite. Pour l'occasion, le précieux matériau est importé de Norvège. Au total, au fil des siècles, trente-deux évêques vont se succéder à la tête de l'Église islandaise à Skálholt.

Au XVIème siècle, l'Islande doit brutalement se convertir au luthéranisme imposé par le Danemark. Certains tentent de résister tant bien que mal. Parmi eux, le dernier évêque d'Islande, Jón Árason, exécuté à Skálholt avec ses deux fils en 1550. Cette date marque la fin de l'âge d'or de Skálholt, même si l'Église protestante y reste installée.

En 1784, un puissant tremblement de terre secoue la région. Skálholt est rasée. Tous les bâtiments, excepté l'église, ne sont plus que ruines. L'évêché est alors transféré à Reykjavík. Un déménagement rendu définitif dix ans plus tard.

La cathédrale

Elle est immense, toute blanche, et n'a été construite que récemment, entre 1956 et 1963, pour célébrer le millénaire de l'évêché. À cette occasion, les Églises scandinaves ont toutes participé à la décoration du bâtiment religieux. Les vitraux par exemple, ont été offerts par les Danois.

Les principaux trésors de Skálholt, conservés dans l'ancienne cathédrale, sont désormais visibles à Reykjavík, dans le musée national. De très nombreux livres imprimés sur place à la fin du XVIIIème siècle sont exposés, notamment le premier livre jamais imprimé en langue islandaise.

La ferme de Stöng

Le Pompeï nordique. En 1104, la ferme de Stöng a été recouverte par les laves de l'Hekla, et donc, parfaitement préservée depuis les temps médiévaux. Excavée en 1939 par des archéologues, elle est aujourd'hui une mine d'informations pour les historiens en manque de traces archéologiques des habitats des premiers colons. Il faut dire que bois et tourbe se conservent mal. Malheureusement pour les archéologues et historiens, les habitants ont eu le temps de préparer leur départ et ont emporté avec eux une grande partie des objets de la vie courante.

Une mention de cette ferme est faite dans la célèbre Saga de Njáll le Brulé. Cinq autres fermes ont été ensevelies lors de la même éruption dans les environs.

L'Hekla

L'une des deux portes de l'Enfer sur terre (avec le Stromboli en Italie). Ce volcan est l'un des plus connus au monde. Il a terrifié le monde jusqu'en 1750. Deux naturalistes décidèrent alors d'en faire l'ascension (1491m) pour juger sur place. La légende tombe. Son sommet, cerclé de lave noire, est toujours enneigé. L'Hekla est un volcan jeune. Il est le plus imprévisible et le plus actif d'Islande, avec près de cinquante éruptions au compteur, certaines très puissantes, dévastatrices et mortelles. L'éruption de 1766 dura deux ans. Dix-huit cratères en simultané étaient alors en action. La dernière éruption remonte à février 2000.

Kerið

Ce cratère cache bien son jeu. Posé au bord de la route, pas vraiment mis en valeur, il faut l'escalader pour en saisir toute la beauté : un immense lac turquoise, contrastant avec les flancs rougeâtres du volcan, rempli le fond du cratère.

Parmi les plus jeunes volcans islandais et profond de 55m, Kerið est au centre d'une région volcanique : trois zones éruptives sont distantes de quelques kilomètres à peine. Un champ de lave recouvre le tout.



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Reykholt



Dans cette ferme, l'Islande a peut-être joué, et perdu, son indépendance dans les temps médiévaux. Snorri Sturluson a vécu une grande partie de sa vie dans ce grand centre culturel, avant d'y être assassiné sur ordre du Roi de Norvège en 1241. Aujourd'hui, Reykholt n'est plus qu'un petit hameau. Des vestiges du temps de Snorri rappellent de façon subliminale qu'ici, il y a 800 ans, vivait le plus grand auteur médiéval de tous les temps.

Localisation

La ferme de Reykholt est située dans le sud-ouest de l'île, un peu à l'intérieur des terres. Une zone volcanique et géothermique. Tout autour, des champs de lave, des cratères, des sources d'eaux chaudes et des chutes d'eau. Reykjavík n'est pas loin, une centaine de kilomètres à peine, mais ici, la nature règne en maître.

Avec seulement 60 habitants, le petit village est pourtant très dynamique, grâce au centre construit juste à côté des vestiges de l'ancienne ferme de Snorri : une église, une école et une bibliothèque. Les Islandais n'ont pas la mémoire courte. Depuis plusieurs années, des archéologues exhument petit à petit les restes de la ferme de Snorri. Le "projet Snorri" a été créé, à la fois pour terminer ces fouilles, et pour refaire de Reykholt un grand centre culturel et régional. Pari en parti gagné.

Historique

L'histoire de Reykholt ne commence véritablement qu'en 1206, lorsque Snorri Sturluson part de Borg et vient s'installer dans le petit hameau. Snorri ne quittera plus Reykholt, exception faite de ses nombreux voyages en Norvège, chez le roi.

En quelques années, il va transformer ce centre religieux en un centre culturel de premier plan. Une école notamment va y être construite, l'une des plus importantes du pays. Surtout, dans le sillage de Snorri, les plus grands auteurs islandais vont se succéder dans la ferme.

Après la mort de Snorri en 1241, Reykholt perd peu à peu de son aura. L'Islande passe sous domination norvégienne. Ses grandes heures littéraires et culturelles sont désormais derrière elle.

Le bain de Snorri

Probablement le bâtiment le plus vieux de Reykholt. Ce bassin d'eau chaude devait être utilisé par Snorri lui-même pour ses baignades. Il était, et est toujours, relié directement à la source d'eau chaude de Skrifla par un canal. Snorri pouvait rejoindre ce bassin directement de chez lui par un tunnel souterrain. Sa ferme est, il est vrai, distante de quelques dizaines de mètres tout au plus. Mais les archéologues n'ont jamais pu prouver avec certitude l'existence de ce tunnel. Aujourd'hui, le bain de Snorri est l'une des attractions touristiques de Reykholt, même si plus personne ne s'y baigne.

L'exorciste de Húsafell

À quelques kilomètres seulement de Reykholt se trouve le diocèse de Húsafell. Au XVIIIème siècle, le révérend Snorri Björnson fit la renommée du lieu : grand, puissant… et exorciste, l'homme est devenu une légende, au point d'être cité dans les contes populaires. L'histoire veut qu'il ait un jour soulevé une pierre de 180kg, dénommée Kvíahella. Elle trône toujours à Húsafell, rappelant à tous les exploits du révérend. Björnson s'est également rendu célèbre pour avoir renvoyé 81 fantômes dans l'au-delà.

Le Grábrók

Formé il y a 3000 ans, ce magnifique cratère de plus de 170m de haut domine un champ de lave époustouflant. Littéralement cerné par la coulée pétrifiée et par les lichens multicolores, le cratère offre une vue imprenable sur la vallée, le lac Hreðavatn, long de 5km environ, et une forêt discrète, née du programme de reboisement du pays.

L'ascension est aisée et la récompense inoubliable. Par beau temps, il est possible d'apercevoir le glacier Langjökull, distant d'une centaine de kilomètres, et surtout le Snæfellsjökull, pourtant bien plus éloigné.

Trois cratères ont été formés le long d'une fissure de 600m. Grábrók est le plus important des trois. Tout autour, les moutons ont pris possession du lieu. Un ancien poste de triage en pierre, à moitié éboulé, trône au pied du cratère. Comme si le temps s'était arrêté.


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Borgarnes



L'Histoire lui a apporté ses lettres de noblesse. Egill le Scalde a vécu à Borgarnes, son père, Grímr le chauve y est mort et enterré. Mille ans plus tard, Borgarnes (prononcez Borgarnès) est surtout connu pour son pont et pour son fjord, au large duquel le commandant Charcot et son équipage sombrèrent un soir de tempête de 1936.

Localisation

Borgarnes est une petite ville de 2000 habitants à 70km au nord de Reykjavík. Bien que située au bord du Borgarfjörður, elle ne possède pas de port de pêche. Son économie est principalement commerciale et industrielle. Le pont qui enjambe le fjord mesure 520 mètres, le second plus long du pays (le plus long, 900m, est situé près de Höfn). Borgarnes est surtout un point d'entrée vers les terres intérieures, la vallée de Reykholt et ses champs de lave, ou, plus au nord, vers la péninsule de Snæfellsnes.

Historique

Borgarnes, appelé au départ Digranes, a été colonisé par un marin prénommé Grani. Il travaillait pour le premier colon de la région, Skallagrímur. Skallagrímur, ou Grímr le Chauve, un norvégien, s'installe juste à côté, dans une ferme appelée Borg. C'est dans cette ferme que va vivre son fils Egill le Scalde, Egill le Viking, Egill le Poète, sans doute l'un des plus illustres islandais de tous les temps. La première mention de Borgarnes/Digranes est d'ailleurs faite dans la saga éponyme, la Saga de Egill, fils de Grímr le Chauve.

Après les temps médiévaux, il faut attendre le XIXème siècle pour voir la région reprendre vie. En 1867, Borgarnes a l'autorisation du Danemark pour faire des échanges commerciaux avec les marchands danois. La ville se résume alors en tout et pour tout à un bâtiment commercial.

En 1904 est créée Kaupfélag Borgfirðinga, ou KB, une coopérative. Aujourd'hui en déclin, KB était devenue au fil du siècle la plus importante entreprise de la région, avec des ramifications dans tout le pays. En 1913, Borganes devient officiellement une ville. Aujourd'hui, elle forme avec quelques villages voisins une communauté de 3400 habitants.

La ferme de Borg

La ferme de Borg est une des plus célèbres de la région. Elle donne son nom au fjord et à la ville de Borganes. Au Xème siècle, au tout début de la colonisation, Grímr le Chauve débarque dans la région du comté de Myrar. Son père, Kveld-Ulf est mort durant la traversée. À sa demande, son cercueil est jeté à la mer. Il touche terre sur les berges du Borgarfjörður. À cet endroit précis, Grímr décide de construire la ferme qu'il nomme Borg.

À la mort de Grímr, Egill, son fils, hérite de son titre de bondi. Durant sa jeunesse marquée par des séjours en Norvège et de nombreux combats, Egill passe peu de temps à Borg. Il finit tout de même par s'installer dans la ferme. Quelques temps après, deux de ses fils meurent dans un accident. Après ce drame, Egill compose le très célèbre poème Sonatorrek (ou Perte irrémédiable du Fils) et se révèle être le scalde le plus doué d'Islande.

Vers la fin de sa vie, Egill laisse son titre de bondi à son fils Þórrsteinn. Devenu sourd et aveugle, il meurt dans son lit à Borg.

Détour incontournable au petit parc situé au centre de Borgarnes. Il ressemblerait presque à un joli square parisien, avec ses allées vertes, sa pelouse et ses massifs de fleurs. Détour incontournable car il s'y trouve un massif pas comme les autres : un talus, assez discret, recouvert d'herbe. C'est la tombe de Skallagrímur, Grímr le chauve, enterré ici avec son cheval et ses armes. Juste à côté, un artiste contemporain a stylisé Egill, son fils, emportant sur son cheval ses deux enfants décédés.

Usine géothermique de Deildartunguhver

C'est la plus importante source d'eau chaude d'Islande et du monde : 180 litres d'eau par seconde, une eau qui jaillit à 100°C des entrailles de la terre. Toute cette eau date d'il y a 1000 ans : de l'eau de pluie médiévale tombée sur les plateaux qui dominent le Borgarfjörður.

Depuis 1925, la source de Deildartunguhver est exploitée pour alimenter en eau chaude tout le secteur de Borganes et d'Akranes (une ville plus au sud). 74 km de canalisations (le plus grand réseau du monde) relient l'usine aux villes du fjord.

Sur place, la vapeur d'eau chaude rend quasi-invisible la source qui affleure en certains points. Un véritable nuage de fumée opaque se déplace au gré du vent.

Juste à côté, des serres ont été implantées. Chauffée grâce à la chaleur géothermique, elles produisent des légumes du soleil. D'ailleurs, un étal vend des tomates à l'entrée du complexe. Pour 100 couronnes, autant dire rien, le visiteur peut repartir avec son petit sac de tomates ou de légumes de saison. Tomates polaires ou pas, elles sont un régal.

Le naufrage du Pourquoi pas

La nuit du 15 au 16 septembre 1936, la tempête fait rage au large de Borganes. Le fjord est dans la tourmente. Le Commandant Charcot, au commande du "Pourquoi pas" est en train de passer au large de ce fjord. Il est de retour d'une mission au Groenland. Charcot, spécialiste des expéditions polaires, vient de livrer du matériel à Paul Emile Victor. Pris dans la tempête, le bateau coule. Un seul survivant. Quarante morts ou disparus. Charcot avait déjà échappé de près au naufrage, déjà le long des côtes islandaises, un an jour pour jour avant le naufrage.


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Hraunfossar et Barnafoss



L'intérieur des terres. Un cours d'eau bleue turquoise, aux parois de lave. En l'espace de cent mètres, la nature a donné à l'Islande deux de ses plus belles cascades : Hraunfossar la multiple et Barnafoss la fougueuse.

Hraunfossar et Barnafoss découpent la Hvita, petite rivière au pied du Langjökull. Au-delà de ces deux chutes, il n'y a pus de route. C'est l'intérieur sauvage.

La région est volcanique, recouverte par les laves (hraun). Des roches sombres qui subliment le contraste avec le bleu turquoise de l'eau et les lichens verts et violets des parois.

Hraunfossar

La chute de lave. Un kilomètre de petites cascades qui viennent mourir dans la Hvita. Sublime. D'autant plus que toute cette eau ne sort apparemment de nulle part, cachée auparavant sous un champ de lave (le Hallmundarhraun). Le lieu donne l'impression d'une intervention divine pour faire apparaître cette chute incomparable.


Barnafoss

Plus puissante, plus majestueuse, plus violente. Barnafoss, la cascade des enfants, est située en amont de Hraunfossar. L'eau se jette dans un véritable goulot d'étranglement et fait sa place en creusant inlassablement les parois, parfois allant jusqu'à créer des trous dans la roche poreuse. Ici, l'eau est blanche d'écume. Le son est assourdissant. Un autre monde.

Les enfants de Barnafoss

Barnafoss, la chute des enfants, tient son nom d'une histoire tragique. Un soir de Noël, deux enfants d'une ferme proche sont laissés sans surveillance. Malgré l'interdiction de leur mère, ils sortent et vont près de la cascade. Ce qui devait arriva : ils tombent dans le tumultueux cour d'eau. Ils ne noient.

La mère en rentrant découvre le drame. Ivre de douleur, elle détruit le pont de roche qui enjambait la cascade, duquel les enfants ont glissé et trouvé la mort. Pour que jamais plus un tel accident ne se reproduise.



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Sources



Islande, Le Routard, Hachette.

Islande, Lonely Planet.

Islande, Guide Vert, Michelin.

Islande, Le Petit Futé.

Islande, Guide du Voyageur, Marcus, 2006.

Toutes les sources du site Toute l'Islande ici.


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