Il s’en est fallu de peu que je passe à côté de cette autrice. Claire Keegan m’a invitée à un festival de livre en Islande. Une agente littéraire m’a proposé le texte d’Asta. J’ai donné une réponse de principe expliquant que je ne publiais pas de classiques, mais plutôt de la littérature contemporaine. Mais en Islande, je rencontre la femme de l’éditeur de Claire. Elle me parle d’un texte qu’elle juge indispensable de publier en France. Elle ajoute que l’œuvre est absolument extraordinaire. Elle fait durer le suspense en m’expliquant que l’écrivaine est une pionnière. Il s’agit d’Ásta Sigurðardóttir.
Mon œil frise et mon oreille se dresse. Autour de nous, trois ou quatre autrices islandaises s’enflamment. Elles parlent de cette femme avec passion, respect et enthousiasme. Elles me disent que si Ásta n’avait pas été là, elles ne se sentiraient pas autorisées à écrire sur leurs corps, sur la sexualité, sur l'oppression que subissent les femmes ou sur la société islandaise. Immédiatement, je rétropédale. Je rentre à mon hôtel et je redemande à l’agente le texte, dans sa version allemande.









