Pêche industrielle :

moteur économique de l'Islande


L’Islande a mis du temps à exploiter les ressources halieutiques de ses eaux territoriales. Plus d’un millénaire. Aujourd’hui, ce petit pays insulaire est devenu un modèle mondial. La pêche industrielle représente 11% du PIB en 2021 et 60% des revenus à l’exportation. 


Sculpture pêcheurs islandais

Les Islandais ont lutté pour étendre leur Zone Économique Exclusive, désormais fixée à 200 milles marins. Leur législation exigeante délimite l’ingérence des pays étrangers. Quant à la règlementation, l’Islande mise sur la qualité de leur pêche industrielle, privilégiant la préservation de la biodiversité et la protection des espèces de poissons. 


Seule ombre au tableau : la chasse à la baleine. Malgré une opinion publique mondiale défavorable, les Islandais ont longtemps sorti leurs baleiniers en mer. Il semble que leur prise de conscience écologique prenne le dessus. L’Islande s’engage désormais dans le tourisme et l’observation des cétacés plutôt que dans le commerce de viande de baleine. 


Le droit de la mer autorise les états côtiers à exercer des droits souverains et économiques que une zone maritime. Cette zone, appelé ZEE (Zone Économique Exclusive), fixe à 200 milles nautiques l’espace de pêche. Pour l’Islande, cela signifie presque 760 000 km2 de propriété maritime. Elle peut en exploiter toutes les ressources et en explorer les fonds marins. La ZEE de l’Islande est l’une des plus poissonneuses au monde. 


La stratégie politique islandaise sur la pêche industrielle 

Après bien des difficultés avec les pays étrangers comme l’Angleterre, l’Islande a mis en place plusieurs politiques quant à la pêche industrielle. Le déclin des stocks de morue ainsi que la crise financière de 2008 a contraint le pays à revoir ses positions. Le Ministère des Pêches couplé à la Direction des Pêches contrôlent plus attentivement l’industrie halieutique et aquacole. Le but est de maîtriser les flux commerciaux. Pour cela, elle met en place un contrôle des eaux islandaises et modernise ses bateaux. 

Fresque préparation du poisson pêche Islande

Ces nouveaux navires de pêche constituent une flotte ultra moderne et donc beaucoup plus efficace. Le niveau de sécurité pour les marins est très élevé. La vie humaine revient au centre des activités maritimes. La rentabilité est meilleure même si les bateaux sont moins nombreux. Ils sont essentiellement utilisés par les petites entreprises, les grands préférant les chalutiers-usines. Au retour de la pêche, tous doivent confier leur marchandise à des groupes industriels. Ces derniers collectent et trient les poissons, puis les traitent (découpe, transformation) avant de les distribuer à travers le pays ou de les exporter. 


Au débarquement, la Direction des Pêches collecte toutes les informations liées aux poissons capturés. Les données de prises (quantités, pesées, type de poissons) sont répertoriées et analysées. Dans un second temps, l’institution vérifie l’adéquation avec les quotas en place, notamment les QIT (Quotas Individuels Transférables) réservés aux Islandais, mais aussi les TAC (Totaux Admissibles de Captures). Les quotas sont fixés en amont selon l’avis scientifique de la MRI, l’Institut Islandais de Recherche Océanique. 


La MRI a pour principal objectif la préservation des ressources halieutiques et la protection des zones maritimes. La pêche étant un des piliers de l’économie islandaise, les Islandais optent pour un système de pêche durable assurant la pérennité de leur activité. Protéger l’espace marin est leur priorité absolue. Elle passe par des pratiques responsables et un profond respect de la biodiversité. 


Protection des ressources halieutiques islandaises

Les Islandais ont une conscience écologique forte. L’adéquation avec la nature est primordiale dans ce pays bousculé par des conditions environnementales difficiles. Entre les volcans et les glaciers, les habitants s’harmonisent avec une nature parfois violente. Ils s’adaptent continuellement à ce macrocosme. La pêche ne fait pas exception. Leur volonté est de parer tous dégâts liés aux changements climatiques et aux événements naturels. Jusque dans l’aquaculture, pour l’élevage du saumon par exemple, ils travaillent à un renouvellement naturel des ressources. Les sites aquacoles des fjords sont régulièrement mais en jachère quelques mois. Une production réduite mais qui assure la pérennité de l’activité tout en évitant les risques biologiques. 

Poisson pêche Islande

En privilégiant la qualité à la quantité, l’Islande propose aujourd’hui des poissons frais et d’exception. Le modèle islandais est reconnu dans le monde entier. Si bien que le programme « Islande Pêche Responsable » a créé le label « Origine Islande » garant d’une qualité supérieure du poisson. La filière pêche islandaise garantit un produit fini d’excellence. L’exportation de poissons venus de ce petit pays bat des records sur la scène internationale. Quelques chiffres dans ce pdf sur l'industrie de la pêche en Islande


En énorme utilisateur des dernières technologies, l’Islande s’est dotée des meilleurs outils logistiques pour améliorer les performances de l’industrie de la pêche. Pesée, calibrage, suivi de production, tableaux de bord pour l’exportation, fabrication de filets ou de bateaux de pointe, tout est bon pour contrôler et affiner leur entreprise halieutique. 


Si bien qu’au-delà du produit fini qu’est le poisson, l’Islande exporte aussi son savoir-faire et ses techniques. Une fine gestion de leur production qui éveille l’intérêt des pays étrangers. Du matériel nécessaire à la transformation du poisson en passant par l’équipement pour la la manutention, l’Islande est un modèle de réussite aux yeux du monde. L’Islande est aujourd’hui le plus compétitif et le plus moderne dans l’industrie de la pêche. Vous pouvez lire le rapport complet de 2012 sur l'analyse de la pêche en Islande


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